Les résultats du vote des militants socialistes ont fait au moins deux malheureux. Le sénateur de L'Essonne Jean-Luc Mélenchon et le député du Nord Marc Dolez. Ce dernier est un homme d'honneur (dans mon livre, je le dépeins comme un protestant de la politique, rigoureux, moral et déterminé) qui conjugue l'éthique de conviction avec une certaine éthique de la responsabilité. Reste à rendre les mandats glânés sous l'étiquette d'un parti qu'ils renient aujourd'hui. Le parti ne leur plaît plus? Ils en démissionnent. Tous deux annoncent qu'ils vont construire un mouvement qui devrait prendre modèle Die Linke d'Oskar Lafontaine en Allemagne qui rassemble dans un creuset hétéroclite mais solide des déçus du SPD, des marxistes nostalgiques, des tenants d'une autre société et des écolos radicaux. Le problème pour nos deux conspirateurs c'est que l'espace à la gauche de la gauche -à l'extrême-gauche si l'on veut- est déjà occupé par au moins trois tendances dont une a le vent en poupe. LO, le parti des Travailleurs et la LCR d'Olivier Besancenot se disputent le vote protestataire appelé, il est vrai, à grossir devant la récession et les souffrances sociales à venir. Le moins que l'on puisse observer, c'est qu'ils n'ont que peu d'antériorité sur ce terrain-là en tant que parti constitué. Ils n'ont donc que peu de chances d'absorber leurs concurrents et leur part de marché restera bien faible. Une TPE (Très petite entreprise) de plus.
Encore une bizarrerie...l'interview par la Voix du Nord de Dominique Baert, le VP aux finances de Martine Aubry à la communauté urbaine de Lille paraît le lendemain du vote des militants socialistes pour le congrès de Reims. Faut-il y voir un rapprochement ? Et le député-maire de Wattrelos commente la dégradation de la notation des finances de l'établissement communautaire (d'ailleurs révélée sur ce blog...) par Standard & Poor's deux semaines après sa publication. Y-a-t-il eu rétention pour ne pas polluer la réflexion militante avant un scrutin décisif pour l'avenir socialiste de Martine Aubry, et sur un sujet sensible, les finances et la fiscalité, qui risquerait d'écorner l'image gestionnaire de la maire de Lille ? D'autant plus que quelques jours après le verdict de l'agence, NE s'entretenait avec le même sans rien évoquer de la dégradation du label et laissant la part belle au vice-président sur l'air de "Tout va très bien, madame la marquise...". La ballade de la balade !
Ségolène Royal : pas numéro un, mais incontournable. Majorité relative (29 %) mais majorité quand même dans un contexte quelque peu éparpillé et moins resserré que prévu. Cela relance les conjectures sur une ligne TSR (tout sauf Royal) qui pourrait à nouveau se lever. Mais les démissions de Jean Luc Mélenchon et de Marc Dolez, le député du Nord -qui devraient faire des petits- montrent qu'il est préférable de jouer l'écoeurement digne à la résistance acharnée. Vouloir la marginaliser risquerait de mettre le parti socialiste à feu et à sang. Le syndrome de Rennes, l'un des boulets que le PS traîne depuis 18 ans, est dans toutes les têtes. Entrer au congrès de Reims sans majorité pré-concue serait suicidaire. Pas question d'offrir un tel spectacle au pays moins de quatre ans avant les présidentielles. Royal devra taire ses velleités de rapprochement avec le centre si elle veut trouver une cohésion dans un PS "gauchi" depuis plusieurs mois et le succès de la motion Hamon (19 %). Le score de la présidente de Poitou-Charentes, qui a prudemment réorienté son discours à gauche, signifie que rien ne se fera sans elle. Son message, subliminal, sera : "moi ou le chaos".
Secrétaire de transition : l'hypothèse est relancée si le PS s'accorde sur un leadership de Royal pour les années qui viennent. Vincent Peillon, Julien Dray, François Rebsamen, Gérard Collomb ? ...c'est la théorie du plus petit dénominateur commun, une personnalité non présidentiable qui met le parti en ordre pour 2012. Avant de transmettre le témoin du PS en 2011, un an avant la bataille. A Royal.
Bertrand Delanoë : le grand perdant. Il ne confirme pas les espoirs des sondages. Pire, à Paris il est presque dépassé par Royal. Ringardisé par la crise financière, traînant comme un boulet son libéralisme ambigü, il n'a pas su rebondir. Il est obligé de trouver un ou une allié (e) s'il veut rester dans la course. Mais que fera-t-il au PS ?
Martine Aubry : son retour en grâce est confirmé. Sa coalition hétéroclite fabiuso-montebourgiste-DSK a tenu la route. Mais, comme Delanoë, incarnant un profil passéiste, trop ancré dans l'époque Jospin/Mitterrand, elle se trouve brusquement en porte-à-faux avec les nouvelles mentalités du PS apparues depuis quelques années et confirmées par Royal désormais dépositaire incontestée de la modernité. Ce qui devrait la dissuader de se rapprocher du maire de Paris en prévision du congrès de Reims. Et ce qui la distingue de la stratégie Royal, elle aussi formatée du temps de l'ancien président de la République mais qui réussit le tour de force de le faire oublier. Aux militants et aux Français.
Benoît Hamon : Le grand gagnant. Mais un gagnant en trompe l'oeil puisque la gauche du parti divise par deux son score par rapport au congrès du Mans. Autant le maire de Paris a été à contretemps, autant le député européen a suivi le meilleur timing en surfant sur le tsunami de la crise. . Mais il doit aussi se trouver un attelage (avec Aubry ? ) pour ne pas souffrir de la marginalisation toujours à l'oeuvre au PS où l'adage "malheur aux minoritaires" reste d'actualité. Il sait mieux que personne que le PS se prend par sa gauche. Il est désormais une référence idéologique autant qu'un allié tactique. Mais, non-présidentiable, il roule nécessairement pour quelqu'un d'autre.
Y-aura-t-il un rapprochement entre Martine Aubry et Ségolène Royal en prévision du congrès de Reims ? C'est la dernière hypothèse à la mode en ce jour de vote dans toutes les sections de France. En tout cas, il y a tout juste un mois, ce cas de figure tenait de l'ubuesque (voir le billet Le petit jeu des alliances), mais au PS l'impossible est prévisible... Comme le mariage de la carpe et du lapin. Mais c'est Bertrand Delanoë qui fait les frais de la crise annoncée et de la récession à nos portes. S'afficher libéral -même de gauche- juste avant que le monde tremble au rythme des scandales financiers et des secousses boursières, c'est taquiner le chat qui dort...gare au coup de griffe ! Cet été, c'est le Tout sauf Royal qui dominait les esprits et les tambouilles du PS, terrifié à l'idée que l'ancienne compagne du premier secrétaire sortant lui succède, on est passé à un Tout sauf Delanoë qui peut changer la donne.
Aubry + Fabius + Royal + Montebourg + une partie des strausskahniens, voilà qui fait un début de majorité. On voit mal le maire de Paris (trop à droite) et Benoit Hamon (trop à gauche) tenter de faire pièce à ce môle pré-majoritaire même avec les motions ultra-minoritaires de Pupunat et de Caresche. Certes, les rapports de force qui sortiront ce jeudi des urnes socialistes décideront ou non d'un tel scenario.
Et de dix ! 1,5 euros pour en prendre plein les yeux et plein la gueule. Le bimestriel anar La Brique vient de frapper.
Le nom dira quelque chose à ceux qui ont suivi la campagne lilloise de 2001. Un tabloïd électoral -une quinzaine de numéros- avait fait son apparition pour soutenir -un temps- le candidat de Charles Pasqua, Alain Bienvenu, et tenter de détourner vers lui les voix de la droite modérée, RPR et UDF, incarnée par Christian Decocq et Jacques Richir. Le rédacteur-en-chef s'appelait Rodolphe Crevelle, un ancien "soldat perdu de la droite" (Voir le chapitre de mon livre intitulé comme tel), qui aurait fricoté avec le Mouvement nationaliste révolutionnaire (Jean-Gilles Malliarakis) et d'autres mouvances d'extrême-droite. A l'époque, le Grand Lille Standard -c'était le titre du tabloïd- était pour lui un "exercice littéraire" dans la plus pure tradition des feuilles agressives des années trente. Un exercice qui avait rencontré quelques procédures en justice (Ah, cette condamnation de Jimmy Robespierre, l'un de ses pseudos, au tribunal de Lille ! un grand moment ! ).
Rodolphe Crevelle, qui avait officié en Picardie, se fit oublier quelque temps (!) à Roubaix puis lance un magazine sur les particularismes européens. On retrouve sa trace en Normandie où il sème à nouveau la zizanie, enfin dans l'Hérault pendant la dernière campagne municipale. A Toulouse où, suite à une plainte de plusieurs associations de défense des droits de l'homme, il vient d'être une fois de plus condamné le 24 octobre à une peine de trois mois de prison ferme par le tribunal correctionnel de Toulouse pour incitation à la haine dans un article d'octobre 2006 raillant les musulmans et titré "Mon voisin est une mosquée". La publication, diffusée gratuitement en dehors de tout cadre légal, s'appelait Sud Journal. Absent aux audiences, le mercenaire se défendit par voie de presse en arguant d'une "expérience littéraire". Son pseudo : Benoît Seyse. Exercice spirituel.
La venue de Bertrand Delanoë à Boulogne-sur-Mer revêt une signification particulière. Certes, le maire de Paris bat la campagne et rameute tout ce qui peut voter ou faire voter pour lui en prévision du congrès de Reims qui doit voir l'avénement du successeur de François Hollande. Mais il faut également y déceler une certaine résistance à l'ascension de Martine Aubry, elle aussi en position de favorite pour prendre la tête du PS. Dans ce département -le plus important réservoir de voix militantes socialistes de France-, plusieurs barons ont clairement manifesté leur soutien à Delanoë. Frédéric Cuvillier (député-maire de Boulogne), Guy Delcourt (député-maire de Lens), Michel Lefait (député), Michel Sergent (sénateur) témoignent de la prégnance d'un socle jospino-mitterrandien dont l'un des sous-courants tente aujourd'hui de faire pièce à l'autre rameau de ce même socle incarné par Martine Aubry. Les partisans de cette dernière, nombreux dans le Pas de Calais (le patron du conseil régional Daniel Percheron, le premier fédéral Serge Janquin, le président du conseil général du Pas de Calais Dominique Dupilet, Jack Lang), ne peuvent donc plus arguer d'un élan véritable et unanime autour de la maire de Lille.
Ce qui dénote un changement de moeurs dans une "fédé" réputée disciplinée et qui a longtemps fonctionné sur un mode hiérarchique. Manière d'essayer de ringardiser la maire de Lille soutenue par la génération historique de cette fédé par ailleurs secouée par les intrigues et les soupçons. Le hiatus né du référendum de 2005 entre l'univers militant et le pays -les fédés du Nord et du Pas de Calais s'étaient prononcé pour le oui en décembre mais le peuple avait voté non en mai- a entamé la vocation du leadership du PS sur la société et de celui des grandes fédérations au sein du PS. Sans parler d'une certaine perte d'autorité morale des caciques sur leurs troupes.
Deuxième remarque : l'interview de Pierre Mauroy hier dans Le Point atteste d'une volonté de rassemblement entre les deux groupes Delanoë et Aubry (fini l'engouement pour Ségolène ! ), pierre angulaire de l'action de l'ancien maire de Lille au cours de sa trajectoire militante et politique. Reste à savoir si les militants l'entendront de cette oreille. Mais le principal enseignement, c'est l'adresse lancée à Martine Aubry. Numéro un ou deux du PS fin novembre, elle devra désormais compter avec ces "différences". Un mot qui rime avec résistance.
Les rêves partagés font-ils un destin commun ? Que voilà une question saugrenue, ma nièce. Peut-on admettre que les jacobins puissent être guidés par une idée semblable tant leurs joutes complaisamment étalées au grand jour et pour le plus grand plaisir des gazetiers et des conversations de salons les font passer pour meute affamée, troupe de canards etêtés sinon essaim de frêlons fous. Pour autant, et à mesure que le temps se réduit jusqu'à la date redoutée, on les devine sans trop de peine hantés par un dessein aussi pénétrant que la quête du Graal ou la découverte de la pierre philosophale. Les prochaines années du parti jacobin s'écriront depuis ce conclave de Reims, qui s'annonce aussi disputé qu'un tournoi de village et aussi indécis qu'une récolte en basse saison. Les plus subtiles combinaisons sont à l'épreuve des conciliabules que l'on tient au détour d'un corridor ou dans la demi-pénombre d'une tenture de boudoir. Où et quand jaillira la meilleure audace ? Qui osera dévoiler le premier sa carte maîtresse et réduire au silence ses contradicteurs ? Quel alliage pour souder entre elles les factions jacobines aussi belliqueuses qu'une assemblée de barons saxons avant l’élection d’un empereur?
Monsieur de Jarnac n'y retrouverait pas son vieux parti. Voici bien longtemps, il avait su convaincre d'un pacte dont il avait le secret toutes les opinions, les clubs, les coteries et les régiments de sectionnaires. Plus près de nous, le vieux Pape Jean de Mormal fut bien près de jeter tiare et manteau à la rivière quand ses ouailles tels des chiens perdus se fussent étripées sans merci pendant le conclave de Rennes. Aujourd’hui, la Grande-Duchesse marche sur leurs brisées mais c’est sous l’oeil de la chance et dans la main de la Providence car les rivalités ont fait jour pendant tout l’été. L’ancienne place huguenote de La Rochelle a tant bruissé de rumeurs et grincé d’insinuations pendant l'académie d'été des jacobins où la Grande Duchesse a occupé l'avant-scène. Du grand échevin de Paris Déodat Lemercier au jeune marquis Aubépin des Ouches, son ancien conseiller à son cabinet, sans négliger, jeune citoyenne, leur ennemie jurée à tous et toutes, la comtesse poitevine Daphnée du Montceau de Lameth, il ne manque pas d’allant aux adeptes des jeux de hasard pour se risquer à ses caprices.
Car figurez-vous que l’unité derrière le panache de la Grande-Duchesse est moins solide qu’il n'y paraît. Ici, le baron Saint-Hardi, ancien aide de camp du Pape Jean, élevé vicomte de la Province, lui a refusé son allégeance. Ni le vice-amiral Pierre Delannois, échevin du grand port des Dunes, longtemps dauphin du Pape Jean. Quant à Fulgence de la Ribaudière, le comte de Flandres-Hainaut, il aurait posé sa tête sur un billot plutôt que déposer les armes. Et en apportant leur soutien à l’échevin de la capitale, c’est comme s’ils signaient la plus honnie des mésalliances. Manon Rolland, délégué à la Diète de Strasbourg et Savonarole Journu-Dolet, ancien chef des sectionnaires de Flandres-Hainaut, qui savent les jacobins plongés dans les abymes du doute, font corps derrière le jeune des Ouches. Dans quelques jours, il reviendra aux sectionnaires de l’Empire de se prononcer. Et, au mieux, c’est un songe éveillé pour celui ou celle qui entrera en conclave à Reims avec le plus de régiments ralliés et d'étendards conquis, au pire un cauchemar pour les autres, obligés à la posture du vassal.
Standard & Poors vient de dégrader la notation des finances de la communauté urbaine de Lille en raison des incertitudes qui cernent l'institution : récession mondiale, crise du crédit et grands programmes engagés (Grand Stade, toujours lui). Plus inquiétant : les espérances de recettes fiscales sont sérieusement obérées en raison de cette même récession et l'agence se demande comment maintenir le même niveau d'investissement sans...augmenter les impôts. Comme un serpent de mer qui se mordrait la queue...Mais peut-on se fier à une de ces agences de notation qui portent une lourde responsabilité dans l'évaluation des établissements bancaires et financiers en train d'entrainer le monde dans une crise durable ? Pierre Mauroy se vantait d'adapter les chiffres à ses réalités à lui et laissait ses adjoints et collaborateurs communiquer quand les agences de notation couvraient d'éloges sa communauté urbaine. Martine Aubry, qui lui a succédé, commentera-t-elle le sujet ?
C’est un fol espoir qui transcende le conseil de notre Grand Duché, ma nièce ! Notre Grande-Duchesse s’est escrimée à vanter son nouveau dessein pour le Très Grand Colysée. Dans le même temps, de petits jeunes gens à mine supérieure et grisés par la brillance de la relique barbare, cet or qui scintille plus fort que l’étoile polaire, se sont imaginés dans le rôle de ce Midas, antique roi de Phrygie, qui transformait en métal jaune tout ce qu’il effleurait. Et ont pris des risques insensés dans toutes les bourses aux valeurs de notre continent et même d’ailleurs, Londres, Amsterdam, la Nouvelle York, jusqu'aux places de finances des Empires du Milieu et des Indes de Sa Majesté le Roi d'Angleterre. Je viens de relire avec circonspection le récit des aventures de Monsieur Law au début du siècle et de ses assignats qu’il croyait plus solides que le granit de Bretagne et qui valurent moins que le papier qui servit à les imprimer quand plus personne n’y crut, comme un piètre jongleur rate son exercice et que les badauds le moquent puis l'oublient. Ou de cette curieuse bourse des tulipes aux Provinces-Unies, plus vite fanées qu’un bouquet de violettes dans un vase sans eau. /P>
Je vous avais déjà fait part de mon dédain, jeune citoyenne, pour une si dépensière construction vouée au jeux de balle et aux spectacles de saltimbanques et autres bouffons de l’Empire qui font rire dans les curieux miroirs du lointain et distraient le bon peuple pour mieux l’éloigner des envies de récriminer et de l’idée d’une émeute. Sous le sceau de la confidence, les argentiers échevinaux et les intendants des municipalités qui ont eu le privilège de compulser les livres de comptes du trop fameux Colysée tremblent d’effroi à la simple évocation des malheurs prêts à s’abattre. Mais nos paysans et ouvriers grondent déjà à l’idée des disettes et restrictions de pain qui vont fondre sur les chaumières et les fermes du pays. L’empereur Nicolas ne ménage pas sa peine pour tenter de restaurer la confiance sur les bourses en folie. Lui s’affaire auprès de la Chancelière de Prusse, ou du Grand Doge de Milan, ou du Grand d’Espagne, ou traverse la Manche pour étreindre le Vice-Roi d’Angleterre, tous fort accaparés par les banqueroutes et les déconfitures qui fleurissent leurs royaumes ou principautés comme champignons vénéneux en bois maudit./P>
Dans le même temps, notre Grande-Duchesse, avec grand ahan et forte volonté affichée sur son visage qui la fait confondre avec une héritière des Médicis, court les ministères dont elle sait les cassettes encore à moitié remplies. Et tache de convaincre les grands-commis impériaux et marquis de Paris de délier pour elle les bourses de l’Empire. Ainsi Hippolyte de Foucauld, le ministre de la Nature et de la Raison, de l'eau claire et des chats et chiens, aurait promis une rivière d’écus. Ainsi sa voisine au Conseil de l’Empereur, préposée aux Humeurs, Hôpitaux et aux Jeux de corps, en a fait autant. /P>
Chez nous, elle n’a pas eu à déployer force rhétorique pour décider ses pairs de lui ouvrir leurs coffres. Ernest de Coquelin, le duc de la Grande-Province est un de ces fols épris des jeux de paume et de balles, qu’il regarde avec des mines d’enfant émerveillé devant le spectacle des santons et des gloussements de Merveilleuse éblouie par les toilettes à la mode du Faubourg Saint Honoré. Fulgence de la Ribaudière, le comte de Flandres-Hainaut fut trop content de barguigner son soutien à cette Grande-Duchesse qu’il ne porte pas dans son coeur. /P>
Désormais, le peuple des bourgeois, marchands et manants, qui déchiffrent avec grogne et lassitude les affiches et parchemins des impôts qui les frappent comme froide bise en automne, dîme et gabelle, capitation, taille et sel, craignent comme un mauvais sort un impôt grand-ducal de circonstance. Curieuse nation -comme disent les doctes philosophes de notre siècle- qui à son sommet tente d’éteindre l’incendie qui consume le Trésor impérial et, dans ses provinces, agite la torche de la gabegie. Ainsi va l’Empire, ma nièce.
Marc-Philippe Daubresse est un type impayable. Voilà presque un mois que le député-maire de Lambersart n'est plus vice-président de l'Assemblée nationale, remplacé qu'il fut par Catherine Vautrin, son ancienne collègue dans un gouvernement Raffarin (cf les fiches respectives du site du Palais-Bourbon). Mais son site de député, pourtant régulièrement mis à jour, précise toujours qu'"...Il est aujourd'hui vice-président de l'Assemblée nationale". Est-il si difficile d'effacer de sa mémoire et de délivrer son ego des forts protocolaires roulements de tambours qui scandent l'entrée dans l'hémicycle du noble vice-président à qui incombe la non moins auguste mission républicaine de présider aux débats de ses pairs quand le président en titre n'officie pas ? Finie la chair de poule...
Je trouve navrant que le dialogue patrons-salariés se réduise à des dénonciations comme celle du Crédit agricole Nord de France. Je ne vais pas faire l'apologie du modèle scandinave, de la cogestion partenaires sociaux/patronat mais ce pays est quand même mal parti sur le chemin de la récession dans laquelle il verse lentement mais sûrement. Les syndicats de la banque ont bien fait de révéler au Canard Enchaîné le safari scandaleux*. M'enfin, on ne part pas au Kenya aux frais de la princesse -l'argent des déposants et sociétaires, le Crédit agricole est une banque coopérative- quand l'Etat vient de vous injecter une perfusion de plusieurs milliards parce que vous avez joué au casino l'épargne qu'on vous avait confiée. Non, non, les syndicats révulsés ont bien fait. Mais, par la force des choses, ils ont été contraints de tirer à vue et de s'adonner au tir aux pigeons. Dans le cadre d'un dialogue moins basé sur le rapport de forces, ils auraient pu lancer une sommation et retenir la gachette. Et dissuader les dirigeants d'une telle gabegie. Après l'opération-commando, la guerre de tranchées. CQFD.
* On pourra faire la fine bouche devant le traitement de l'info par VDN : cinq ou six lignes à peine, de quoi sauver la face de la déontologie, il est vrai que la banque est un traditionnel partenaire financier du groupe. Et dans NE, le volatile déchaîné n'est même pas cité...
Il y a une bonne quinzaine d'années, on exhortait les socialistes du Pas de Calais à "se battre contre le mur d'images". Coincés dans la nasse des affaires Urba et autres, il fallait revigorer les esprits et stimuler les masses de militants frigorifiés par les défaites aux législatives de 1993, aux européennes de l'année suivante et accablés par la disparition tragique de Pierre Bérégovoy, ancien Premier ministre (..."jeté l'honneur d'un homme aux chiens..." avait dit François Mitterrand président). L'un des plus fervents contempteurs s'appelait Daniel Percheron, chef des socialistes de ce département et qui n'hésitait pas à filer la métaphore avec Léon Blum -qui, lui, parlait du mur d'argent pendant le Front Populaire de 1936- pour désigner cette presse inamicale qui faisait ses choux gras des malheurs du socialisme au pouvoir. L'actuel patron du conseil régional, qui a toujours exprimé ses réserves vis-vis de la presse et ses institutions, va pouvoir se rattraper. Il soutient ardemment le projet de TV régionale numérique porté par la Voix du Nord* et a promis des millions pour accompagner son installation et participer aux productions. Il n'est plus contre "le mur d'images", il est tout contre.
* Le CSA vient de présélectionner le groupe VDN pour l'attribution de la fréquence TNT régionale de Bouvigny.
Du muscle et du tonus. Un excellent film policier sur une icône noire de la société française et de son histoire récente. Et la suite est prévue pour novembre, preuve que la légende ne s'est jamais affadie. On y voit Vincent Cassel incarner Jacques Mesrine et danser comme son père. Et l'avis de Jean-Louis Debré, le président du Conseil constitutionnel, qui a dit pis que pendre du film hier sur Direct 8 (ou bien était-ce sur LCP) devrait stimuler les entrées.
J'ai bien aimé l'entretien avec l'élu vert et lillois Eric Quiquet dans NE de samedi, même si l' exercice convenu et offrant peu de risques pour l'interviewé surcajolé peut lasser. Mais je n'ai pas compris le rapprochement entre Dominique Voynet et Marie-George Buffet. Les mauvais scores des présidentielles ? Les cumuls des mandats (M-G Buffet n'en a jamais abusé)? La difficulté pour une femme de s'imposer dans un monde de brutes ? La propension improbable à rassembler au delà de son camp ? L'improbable vocation à ne pas rassembler à l'intérieur de son camp ? Ou bien Eric Quiquet dénonce-t-il une simple erreur de casting qui dure, qui dure...?
Très intéressante interview de Pierre de Saintignon, le bras droit de Martine Aubry et grand argentier de la ville de Lille, dans la VDN de ce WE. Le premier adjoint y fustige les dernières mesures relatives aux crédits d'Etat (dotation de solidarité urbaine, dotation globale de fonctionnement,...) qu'il juge insuffisants et qui risquent de déstabiliser le budget de la ville de Lille qu'il est chargé d'élaborer. Doit-on rapprocher cette inquiétude - "cette situation met les investissements en péril"- des fameux 57 % de la dette publique de la communauté urbaine adossée à des produits financiers complexes ? Voire spéculatifs comme l'explique l'article cité en référence dans le précédent billet. Car les budgets des communes de la métropole sont concernés - à des degrés divers - par cette pénurie de crédits d'Etat, a fortiori celui de LMCU également.
La perplexité de l'élu est légitime, P de S est socialiste et les ministres sont de droite, mais elle sert aussi l'alibi de la "patate chaude" quant aux grands programmes lancés et supportés par la communauté urbaine, en premier lieu le Grand stade, et qui ont déjà fait hausser les sourcils, tant sur les volumes investis que sur les perspectives hasardeuses. Le désengagement de l'Etat sert de bouc émissaire. C'est pas nous, c'est l'Etat ! On dira que c'est de bonne guerre.
A lire sur Rue 89: http://www.rue89.com/2008/10/18/un-plan-de-sauvetage-pour-les-villes-speculatrices. Suite à la décision de la communauté urbaine de Lille le 25 septembre dernier sur le Grand stade. CQFD. Et "Wait and see"...les feuilles d'impôts.
C'est à l'Assemblée nationale, du côté des députés UMP, que les idées fusent concernant la réforme territoriale souhaitée par Nicolas Sarkozy. Celle qui a le vent en poupe, c'est l'effacement des régions au profit des conseils généraux qui éliraient des représentants dans les assemblées régionales, une réforme doublée par de substantielles rectifications de territoires comme la fusion du Nord Pas de Calais et de la Picardie. Dominique Perben, l'ancien ministre de la Fonction publique, de la réforme de l'État et de la décentralisation d'Alain Juppé et ancien garde des Sceaux de Jean Pierre Raffarin, anime un groupe de travail sur ces questions à la demande de Jean-François Copé le patron des députés UMP.
Hier, pendant l'assemblée du conseil régional, le Vert Jean-François Caron s'est trompé de touche en votant oui à la subvention de 45 millions au projet de grand stade défendu par Martine Aubry. Alors que les Verts de l'assemblée régionale se sont toujours farouchement opposés à toute subvention à un projet qu'ils ont en plus désapprouvé à la communauté urbaine...Jean-François Caron aime trop le foot !
L'idée fait trembler les démocrates et ravit les républicains. Et si l'électeur américain se rebiffait dans le secret de l'isoloir pour faire mentir les sondages qui accordent désormais une longueur d'avance à Barack Obama, qui surfe sur la vague de la crise bancaire et financière. En cause, la couleur de la peau de leur candidat qui réveillerait les vieux réflexes de l'Amérique profonde. De son côté Mac Cain multiplie les erreurs tactiques (Palin) et les gaffes ( ses sept maisons, le coup du fouet...) et apparaît de plus en plus comme le méchant du film. Je n'ai pas d'idée précise sur un tel coup de théâtre. Mais les Etats Unis, qui éliront -peut-être- Obama comme on va au cinoche voir Denzel Washington, n'enverront pas pour autant Malcolm X à la Maison Blanche.