AU-DELA

Par Marc Prévost :: 24/01/2011 à 11:57 :: Séquence Ciné

Franchement, ce film est aussi insipide que le Da Vinci code. Clint (Eastwood), ressaisis-toi ! Le titre devrait être En-deçà. Bien en-deçà...et ça vaut aussi pour Matt Damon et Cécile de France.

DONNADIEU

Par Marc Prévost :: 27/12/2010 à 19:54 :: Séquence Ciné

Le cinoche français trinque dur cette année (voir billet : Série noire, 30/08/2010, auquel il faut ajouter C. Chabrol). Visiblement, une page se tourne. On avait vu Bernard-Pierre Donnadieu à Lille au printemps 2009 lors de la première de l'affaire Salengro - exécution d'un ministre, un bon téléfilm signé Yves Boisset, et naturellement tourné chez nous -. Dans la même veine : A droite toute, de Marcel Bluwal, sur l'extrême-droite des années 30. Impossible d'oublier son interprétation du méchant Mathias Hagen dans Rue barbare, du lillois Gilles Béhat, avec cet autre grand disparu de Bernard Giraudeau, cancer, lui aussi. Urgence, ensuite, du même Béhat, était frappé du même sceau du désespoir, noir et sans retour.

Ou encore le très torturé comte François de Cortemart, dans la Passion Béatrice, de Bertrand Tavernier. Ou cet autre film-culte, le retour de Martin Guerre, aux côtés de Gérard Depardieu et Nathalie Baye, magnifique évocation de la société française du XVIème siécle. Mon préféré : L'homme qui voulait savoir, de Georges Sluizer, dans lequel il campe un psychopathe tellement plus impressionnant que les bouchers banlieusards à la sauce tomate d'Eli Roth et autres Saw (on songe à Haneke et son Funny Games). Un film avec lui, quel que soit le rôle, principal ou secondaire, n'était plus le même.

Songeait-on à lui pour interpréter Gilles de Rais, une des plus fortes légendes de l'histoire de France ? Je crois qu'il avait prêté sa voix à cet ange noir du Moyen-Age dans une reconstitution historique au château de Tiffauges en Vendée, lieu des forfaits les plus célèbres de celui que l'on cherche à réhabiliter pour cause de procès bâclé. Donnadieu, un nom médiéval pour un comédien qui restera dans l'histoire du cinéma.

USUAL SUSPECTS

Par Marc Prévost :: 14/12/2010 à 11:52 :: Séquence Ciné

Revu Usual suspects, de Bryan Singer, sur M6. Un inégalé thriller raconté comme une fable criminelle. On a beau connaître la fin par coeur, on marche toujours dans la combine. Pour moi, c'est le meilleur film policier depuis longtemps (avec quelques autres comme Seven, un peu gore quand même). 1995, date de la sortie du film. Gabriel Byrne, Kevin Spacey, Chazz Palmintieri, Benicio Del Toro, Pete Postelthwaite, tous les potes sont là. Avec comme fil conducteur, ma citation préférée, baudelairienne en diable : "la plus belle ruse du diable, c'est de nous faire croire qu'il n'existe pas". Brrrr...

A BOUT PORTANT

Par Marc Prévost :: 07/12/2010 à 17:27 :: Séquence Ciné

Tout le monde dit que c'est bien. Moi aussi. Marrant : ce film frenchie est aussi haletant que celui de Don Siegel en 1964, également intitulé A bout portant, et qui s'inspirait d'une nouvelle d'Hemingway (Les Tueurs). Avec Lee Marvin et John Cassavetes, une géniale scène d'ouverture quand les deux flingueurs se baladent au milieu des aveugles ! Hein, c'est marrant ? Mais non, babaches..., le film dont je vous parle est de Fred Cavayé, avec Roschdy Zem, Gilles Lellouche et Gérard Lanvin. Une histoire de flics ripoux. Scenario classique et réalisation efficace.

RED (retraités extrêmement dangereux)

Par Marc Prévost :: 25/11/2010 à 19:52 :: Séquence Ciné

Pas de prise de tête, pas de messages, pas de gnan-gnan, ah si...après le débat sur les retraites...je plaisante*...RED est un bon petit film de milieu de semaine. Casting sans bavure (Willis, Malkovich, Freeman, Mirren, tous venus en copains dans une histoire ultra-classique, des vieux espions qui reprennent du service, mille coudées au dessus des Expendables, par exemple), musclé, et on ne pense à rien d'autre qu'au film. Pourquoi se priver ? Très content de retrouver Ernest Borgnine, 93 ans, (Les Vikings, Les Douze salopards, l'Aventure du Poseïdon, L'Empereur du Nord, la Horde sauvage,... ), toujours pas à la retraite.

* Non, ceci n'est pas un billet sur les sénatoriales dans la région.

POTICHE

Par Marc Prévost :: 11/11/2010 à 19:46 :: Séquence Ciné

Ah, les années 70...Seventies jusqu'au bout de la pellicule*, le dernier François Ozon, l'un des plus talentueux metteurs en scène du moment. On ne rit pas à gorge déployée, ni ne fond d'émotion, encore moins se prosterne-t-on devant des numéros d'acteurs (par ailleurs superbement dirigés : Deneuve, Depardieu, Viard, Godrèche, un époustouflant Lucchini,...) ou ne cède-t-on à je ne sais quelle rétrospective nostalgico-historique. Et en plus un style rare. Ce que les amerloques appellent entertainment signifie pour nous Français divertissement, je crois. Du cinéma. Tout simplement.

* Beaucoup d'extérieurs tournés de par chez nous.

RESERVOIR DOGS

Par Marc Prévost :: 09/09/2010 à 11:05 :: Séquence Ciné

Hier soir sur Arte. Donc en V.O. Evidemment encore plus fort que n'importe quel doublage. Les futures stars du cinoche américain sont là : Tim Roth, Harvey Keitel, Michael Madsen, Steve Buscemi,...Tarantino a pondu son premier succès il y a bientôt vingt ans. Avant qu'il ne dévie vers le kitsch parodique à la Unglorious Basterds, actuellement sur Canal Plus (voir billet du 19/08/2009).

L'un des seuls films dont les imperfections - un micro qui traîne par-ci, un reflet par là- apparaissent comme des signes de génie au milieu d'une production presque fauchée. Et puis des scènes-cultes : le charcutage du flic, la réunion du début dans le café, le final,...Dans le même genre, on se souviendra de Killing Zoé (avec un Jean-Hugues Anglade total allumé), dans lequel Tarantino a trempé les mains.

SERIE NOIRE

Par Marc Prévost :: 30/08/2010 à 17:30 :: Séquence Ciné

Série noire pour le cinéma français. Pierre Vaneck en début d'année, Eric Rohmer, Georges Wilson, puis Laurent Terzieff, Bernard Giraudeau au début de l'été, Bruno Cremer au début du mois, et, aujourd'hui, le réalisateur Alain Corneau (Fort Saganne !, Police Python 357, Tous les matins du monde, des films qui tiendront le coup encore longtemps, et Série Noire, évidemment). Ca laisse un vide.

INCEPTION

Par Marc Prévost :: 22/07/2010 à 17:38 :: Séquence Ciné

J'ai pas tout compris et me suis assoupi (la pomme au four et le rosé, sans doute). Mais c'est pas mal quand même. Entre Matrix (Wachowski bros.), Déjà vu (Tony Scott) et Existenz (David Cronenberg).

WHEN YOU'RE STRANGE

Par Marc Prévost :: 17/06/2010 à 19:18 :: Séquence Ciné

Le format documentaire est bien vu pour cette évocation d'un des plus importants groupes de rock, son mythe et sa légende, à la croisée des sixties et des seventies. Du bon boulot signé Tom DiCillo. Pas de quoi crier au génie ou à l'événement du siècle, on n'apprend rien de plus que ce que l'on a déjà dit, entendu, vu ou lu, mais ce qui intéresse, c'est les personnes et la zique, de toute façon. Plus méchants que les Who, moins bling-bling que les Rolling Stones, quelque part entre les Animals et les Stooges, la poésie originale en plus.

Celle de Jim Morrisson, ce fils d'amiral d'une armée qui napalmait les gens à vingt mille kilomètres de là. Et puis jamais les Doors ne servirent à vendre des sodas ou des bagnoles. Prochaine étape "strange" : le Père-Lachaise, là où est enterré le Roi Lézard. La musique n'est pas finie.

L'AMI AMERICAIN

Par Marc Prévost :: 30/05/2010 à 11:11 :: Séquence Ciné

Mort de Dennis Hopper. Acteur-réalisateur-photographe. Impossible d'oublier son interprétation de Ripley, le héros de Patricia Highsmith, dans L'Ami américain de Wim Wenders (1977), une histoire de faux tableaux et de personnages désenchantés - avec cet autre grand comédien qu'est Bruno Ganz. Dans ce film, on croise Samuel Fuller, Nicholas Ray et d'autres metteurs en scène. Sa meilleure période puisque il joua le rôle d'un photographe allumé dans le cultissime Apocalypse Now de Coppola.

Surtout ne pas le réduire à son Easy Rider, finalement assez inégal mais dont la fin est trop émouvante, et certaines scènes splendides et prémonitoires (apparition de Jack Nicholson, le trip halluciné du cimetière,...). Ne pas louper Out of the blue, un peu la suite du précédent et d'une noirceur éprouvante. Ou sa composition d'un psychopathe dans le David Lynch, Blue Velvet. Il valait beaucoup mieux que les rôles de méchants stéréotypés qu'on lui demanda ensuite.

ROBIN DES BOIS

Par Marc Prévost :: 15/05/2010 à 12:31 :: Séquence Ciné

Taïaut ! Taïaut ! ...Un film de Ridley Scott n'est jamais mauvais et parfois génial (Duellistes, Alien le huitième passager, Blade Runner, Thelma & Louise, Gladiator,...) , souvent très agréable à regarder (Kingdom of Heaven, 1492 : Christophe Colomb, Mensonges d'Etat, La Chute du Faucon noir, American Gangster...). Ce Robin des Bois est à placer dans le Panthéon du réalisateur britannique avec un Russell Crowe magistral dans une évocation de la genèse d'une légende historique et populaire devenue immortelle avec le temps.

LA SOLITUDE DU COUREUR DE FOND

Par Marc Prévost :: 29/04/2010 à 11:13 :: Séquence Ciné

Mort d'Allan Sillitoe, l'auteur d'une nouvelle écrite il y a un demi-siècle et toujours d'actualité. "La solitude du coureur de fond", c'est l'histoire d'un jeune hooligan anglais des années cinquante, pauvre et révolté, qui trouve dans le sport le moyen de s'évader du centre de redressement où il a été placé. Au moment de gagner la course qui fera de lui un champion, il renonce quelques mètres avant la ligne d'arrivée, jetant par dessus bord les rêves d'émancipation et d'ascension sociale auxquels il aurait pu prétendre. Rompant avec la perspective de rejoindre un milieu qu'il ne considère pas comme le sien. Et fusillant les ambitions personnelles du directeur de l'établissement. Comme un élégant bras d'honneur à la société de son temps.

Procès de l'individualisme (vingt ans avant le thatchérisme !*) et de l'ambition, certainement, refus de trahir son milieu d'origine, évidemment, évocation du difficile statut ouvrier dans l'Angleterre d'après-guerre, forcément. Mais aussi questionnement mélancolique et poétique sur l'existence et le bonheur.

Peut-on y voir un début d'explication aux difficultés actuelles de nos banlieues, à cette spirale de l'échec qui frappe ses populations présumées peu aptes à la "réussite" car celle-ci signifie - inconsciemment - mépris et trahison des autres, ceux qui "restent", dans les faubourgs et cités ouvrières de briques rouges des fifties, au pied des tours déglinguées des anciennes cités radieuses, aujourd'hui. Loyauté avec ses origines rime alors avec échec. C'est le modèle de l'exemplarité qui est en jeu.

John Lennon puis Marianne Faithfull (je préfère sa version de Broken English -1979) chanteront le désenchantement des working class heroes. L'adaptation au cinéma de Tony Richardson quelques années après la nouvelle est impeccable, avec un Tom Courtenay révélé, dans le rôle dont on imagine mal qu'il ne soit pas celui de Sillitoe, auteur par ailleurs prolifique (Samedi soir et Dimanche matin,...). D'ailleurs, Ken Loach lui doit sûrement quelque chose.

* "La société, ça n'existe pas ! ", lançait la Dame de fer...

GREEN ZONE

Par Marc Prévost :: 20/04/2010 à 14:46 :: Séquence Ciné

Ce n'est pas un Jason Bourne, hein ? Et c'est peut-être ce qui fait la différence avec les trois épisodes de l'espion amnésique. Egalement interprété par Matt Damon qui, dans ce très fort thriller pendant la guerre d'Irak et sur fond de mensonges d'Etat ne parvient pas à le faire oublier. Même metteur en scène, Paul Greengrass qui avait signé justement deux opus de la série Bourne. Mais attention, très bon moment de cinéma. Avec Jason Isaacs et Brendan Gleeson en rôles d'appoint. Les amateurs se régaleront.

GARDIENS DE L'ORDRE

Par Marc Prévost :: 07/04/2010 à 17:43 :: Séquence Ciné

Les cinéphiles se souviennent du Convoyeur, un film noir de chez noir, comme les caouas d'après-guerre (Albert Dupontel, François Berléand, Jean Dujardin) que l'on avalait par un blême matin d'hiver derrière un commissariat des quartiers Nord. Celui-là, également signé Nicolas Boukhrief, est peut-être moins flippant, moins psy, mais plus charpenté comme on le dirait d'un vin choisi. L'histoire de deux flics de base auto-infiltrés dans un réseau de trafiquants après la soi-disant "bavure" d'un fils de député qui tue l'un des leurs. Une curiosité, le très bon Fred Destot, le Fred d'Omar et Fred du Grand Journal. Et puis il y a Cécile de France.

L'IMMORTEL

Par Marc Prévost :: 25/03/2010 à 9:36 :: Séquence Ciné

Ben, dis donc ! ...Le cinoche français n'a rien à envier aux autres. Un film noir magistral, une adaptation infidèle de la vie d'un truand de légende, parrain de la pègre marseillaise. Un Kad Merad bluffant (les rigolos ont toujours quelque chose à cacher...), encore plus inquiétant. Mille coudées au dessus de l'affligeant remake de Bad Lieutenant (original d'Abel Ferrara, Ah !... cette hallucination d'un Christ black...) signé du réalisateur le plus surestimé qui soit, Werner Herzog. Richard Berry prend la relève des Melville et autres : encore un effort. Au même niveau que le Deuxième souffle, original de Melville, justement, et remake d'Alain Corneau, avec un Dutronc épatant en Stan Orloff. On est vraiment bon en polar.

LA RAFLE

Par Marc Prévost :: 11/03/2010 à 17:56 :: Séquence Ciné

Enfin. Comme une sorte d'exorcisme de son histoire. La France regarde désormais son passé récent les yeux ouverts. Le film de Rose Bosch est fort, gavé d'émotions qui ne sont pas tièdes, et ne peut laisser indifférent. Les interprétations des enfants et de Jean Reno, Mélanie Laurent ou Raphaëlle Agogué sont parfaites. A ranger à côté de Mr Klein, de Joseph Losey, que certains - dont votre serviteur - considèrent comme un des meilleurs films. De Gaulle avait voulu la réconciliation nationale juste après la Libération, ses successeurs ont appliqué la consigne à la lettre et Jacques Chirac brisa l'omerta française quelque 50 ans après.

DEMINEURS

Par Marc Prévost :: 08/03/2010 à 12:00 :: Séquence Ciné

J'avais oublié de parler de ce très bon film de Kathryn Bigelow. Un américain moyen, employé au déminage en Irak, devient un "war addict". Sueurs froides et grains de sable. Une sorte de Salaire de la peur début de millénaire. Oscars largement justifiés.

GAINSBOURG

Par Marc Prévost :: 24/01/2010 à 10:23 :: Séquence Ciné

Je n'ai jamais été un aficionado de Gainsbourg mais le film de Joan Sfar est excellent dans le genre bio d'une gloire disparue. Laetitia Casta formidable en "BB". Même si, pour les deux héros du film, la quête éperdue de la ressemblance fait penser au retour des morts-vivants ou au bal des monstres-sosies (Oliver Stone était tombé dans le même piège avec son Doors, Jim Morrison incarné par Val Kilmer).

Lui, son côté crado-alcoolo-dépravo ne m'a jamais vraiment impressionné (Bukowski, c'était autre chose). Par contre, ses fausses provocs' de parvenu du style brûler à la télé un billet de 500 balles ou garer sa Rolls dans les quartiers pauvres m'ont toujours débecté. Je sais, il voulait montrer qu'il payait trop d'impôts et regrettait la plupart de ses frasques. Aujourd'hui, ce bling-bling avant l'heure appartiendrait peut-être à la bande du Fouquet's. Reste Histoire de Mélody Nelson, Le poinçonneur des lilas, La Javanaise ou Love on the beat. Requiem pour un bon.

UNE AFFAIRE D'ETAT

Par Marc Prévost :: 06/12/2009 à 12:30 :: Séquence Ciné

Excellent film politico-policier (Eric Valette) à la française. On s'amuse à deviner quels sont les faits d'actualité de ces dernières années qui ont inspiré le scénar. Et qui renoue avec les films français des années 70 mais sans la papatte parfois un peu lourdingue d'un Yves Boisset ou la légéreté presque coupable d'un Henri Verneuil. André Dussolier, Rachida Brakni au top: rien à dire. L'interprétation de Thierry Frémont en "soldat perdu" vaut le détour, probablement l'un des meilleurs comédiens actuels. Une curiosité : un second rôle de garde du corps pour l'acteur porno HPG, qui d'ailleurs décharge son engin à la fin.