LES CINQ-CENTS JOURS

Par Marc Prévost :: 10/01/2011 à 14:19 :: Le monde selon moi

J - 500. A ce terme, les Françaises et les Français se seront donné un ou une nouvelle présidente. Aucune prévision possible à ce jour et je ne suis pas devin. Seulement quelques impressions sur l'état des lieux. Une photographie naturellement sujette à retouches. Cinq-cents jours.

- Mélenchon/PC. Etonnant parti communiste. Il y a quarante ans, il zappait l'élection présidentielle et se rangeait dans la roue de François Mitterrand, candidat de l'union de la gauche. L'attelage a fonctionné deux fois : 1965 et 1974. Après une longue série de revers à l'élection suprême, leur étiage passe de 15 % (Marchais) à...moins de 2% (Buffet). Finalement, le PC n'a plus rien à perdre...sauf qu'il est d'abord un parti d'élus ancrés dans leur fief. Peut-on parier qu'il jetteront aux orties leur porte-étendard non issu de leur sérail juste après la bataille (voir billet Mélenchon se déballe, 06/01/2011)? Mais je voudrais bien savoir les cas de conscience du grand parti de l'après-guerre qui confie son avenir à un "malade infantile du communisme !" L'ancien trostkiste Méluche doit sourire encore plus.

- UMP : on a presque fait le ménage à l'UMP. De Villiers éteint, par la maladie et la trahison. Presque un air de tragédie. Un mouvement pour la France désormais rallié aux grands barons locaux. De toute façon, le vicomte de Vendée n'avait pas de dauphin. Les chasseurs sous perfusion ont rejoint les listes UMP aux régionales. Les deux ensemble : encore quelques points pour Sarkozy au premier tour. Comme en 2007, le candidat sortant veut maximiser son premier tour et récupérer les voix centristes au second. Un Bayrou fort semble moins évident qu'en 2007. De toute façon, une grande part des voix bayrouistes s'étaient reportées sur le candidat Sarkozy. Une inconnue (et de taille) Villepin, peut-être le plus cathodique des candidats putatifs. Dupont-Aignan ne fait peur à personne. Son vrai problème, c'est Marine Le Pen.

- Le Pen : le laboratoire héninois et la présidence du FN seront de vrais atouts. Son programme est écrit : (voir billet L'epine Le Pen). L'islamisation selon elle des sociétés occidentales lui fournit une perche inespérée dans un pays qui n'a pas encore digéré sa guerre d'Algérie si ce n'est la perte de son Empire. La réticence de certains medias (Drucker,...) la fait se draper dans l'habit du martyr.

- PS : Le socle du PS est beaucoup moins solide que celui de l'UMP dont l'électorat est traditionnellement plus discipliné (cf les reports Balladur sur Chirac en 1995 ou même Barre sur Chirac en 1988). Martine Aubry doit impérativement trouver la martingale pour éviter l'éparpillement au premier tour qui pourrait être fatal version 21 avril 2002, et trouver l'élan nécessaire pour gagner au second.

Problème: les satanées primaires qui seront le vrai baromètre des capacités d'alternance du PS. Tout se jouera donc à la rentrée. Deux exigences : une forte participation. L'idéal est de voir affluer plusieurs...millions de votants pour donner une crédibilité ET de désigner un(e) champion(nne) qui sera largement élu(e). Disons, au moins 60 % des voix, pour conjurer définitivement le spectre de la division donc de l'hésitation. Et je ne parle pas de cette tunique de Nessus du soupçon qui colle à la peau du PS depuis le congrès de Reims. On promet une haute autorité. On ne pourra pas recompter indéfiniment les voix. Le premier tour, c'est six mois après. A J-200.