Les nuages s'amoncellent sur le projet de grand stade à Villeneuve d'Ascq. Crédits toxiques mal maîtrisés dans le budget de Lille Métropole communauté urbaine, l'établissement maître d'oeuvre du projet, élections régionales avec lesquels les Verts/Europe Ecologie vont porter le fer à gauche d'abord*, puis dans la coalition qui a voté le projet, un Gérard Caudron, maire de Villeneuve d'Ascq, un des deux dépositaires du permis de construire tant attendu, toujours sur la réserve et qui suggère un scenario alternatif, une jauge "plus raisonnable", un Etat qui n'a toujours pas payé sa quote part - 45 millions, à prélever sur une cagnotte dévolue à cet effet et qui concerne tous les sites français retenus - pourtant promise, et une concurrence internationale de plus en plus vive pour l'accueil de l'Euro 2016 de football, le grand événement allégué pour justifier dans l'opinion une telle dépense, ...les aléas se reproduisent et prospèrent.
Or, tous ces aspects négatifs, surtout ceux financiers et budgétaires, sans compter les pénalités éventuelles pour cause de délais dépassés, par exemple, jettent le trouble dans les esprits, en particulier ceux des instances décisionnaires. Car si la France ne décroche pas la timbale de l'organisation de l'Euro, on ne voit pas pourquoi l'Etat abonderait - en partie - au budget d'un beau stade pour Madame Aubry, future concurrente potentielle de monsieur Sarkozy à la présidentielle de 2012 ! De là à faire du stade une arme politique ! La maire de Lille a certes plus à perdre que le locataire du Château.
En plus d'un stade envolé après avoir été promis depuis bientôt dix ans, elle devrait remettre de l'ordre dans les finances de la collectivité qu'elle préside. Elle n'est certes pas la seule victime des crédits toxiques. Pas idéal quand on prétend disputer la fonction suprême. Bombe financière, bombe politique, puis bombe juridique ? Car la menace de nouvelles plaintes, y compris au pénal, mais aussi dans le domaine environnemental, pointe son nez.
Son challenger défait pour le contrôle de l'établissement communautaire, Marc Daubresse, l'a bien compris, qui ne cesse d'appuyer là où ça fait mal. A la dernière assemblée plénière de LMCU, le député maire UMP de Lambersart, offensif sur ces sujets et qui a une revanche à prendre, a essuyé les critiques des piliers de la majorité communautaire. Pour l'instant, cette dernière reste soudée. Jusqu'à quand ?
* Les propos d'Eric Quiquet, vice-président Vert à LMCU, l'autre jour sur le plateau de France 3 Nord Pas de Calais sont sans équivoque. Aux " stades, ces cathédrales du XXI ème siècle" expression de Daniel Percheron, président socialiste du conseil régional partenaire du programme de grand stade, rappelée pendant l'émission, le leader vert répond "pétage de plomb"...