Quel est le point commun entre l'affaire Sarkozy junior, sur orbite pour accéder à la présidence de l'EPAD et celle du jeune Derosier, recruté comme directeur des affaires juridiques au conseil général du Nord ? La cooptation*. D'un côté une élection arrangée. De l'autre une nomination organisée. Les deux légitimités sont différentes, et on a coutume de les opposer à juste titre.
Qui peut croire à une élection digne de ce nom avec un collège électoral d'une poignée de grands élus dont le seul souci sera de ne pas déplaire au souverain et de s'assurer une part d'avenir ? Qui peut songer un seul instant à un recrutement objectif et "anonyme" quand on porte le patronyme du président de l'institution, qui a lui-même la haute main sur les embauches ? Dans le premier cas, l'élection est vidée de sa substance, dans le second la nomination est biaisée. Dans les deux cas, on recrute des gens qui se ressemblent et quoi de plus ressemblant qu'un fils ? Cooptation rime toujours avec discrimination.
* Pas au sens strict du terme : c'est-à-dire quand une assemblée désigne elle-même ses membres, comme cela se pratique dans les conseils d'administration du CAC 40. Mais les conséquences sont la consanguinité (partisane et familiale) et la main-mise d'un clan (partisan ou familial). Petite observation : les précepteurs des Dauphins ou des Grands du royaume se nommaient Bossuet ou Fénelon. Ceux de Jean de Sarkozye s'appellent les époux Balkany, Charles Pasqua, Brice Hortefeux,....