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Marc PrévostChronique impertinente de la vie politique dans le Nord Pas-de-Calais

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SEQUENCE D'ETE

Par Marc Prévost :: 04/08/2008 à 12:32 :: Général

- "Tu n'as pas tout dit dans ton bouquin, écrit plutôt, hein, trouillard de Marco !".

Avec son grand sourire irradiant et torride qui fait paraître le réchauffement climatique pour une aimable plaisanterie, une autre amie m'apostrophe de cette phrase sans ambiguïté.

- Non, je n'ai pas tout dit de ce que j'ai vu, ni ce que pas mal de gens savent d'ailleurs, au sein d'un milieu, d'une coterie, d'un microcosme. Pas simple. Il y a une sorte de menace feutrée qui rôde, les pressions, les anathèmes, les mensonges pour égarer...Mais le pire c'est...

- C'est... dis, dis,...vite...

- Certains hommes politiques, ou patrons, mentent -plus souvent par omission en fait - sans s'en rendre compte. Cela est devenu machinal chez eux. Certains m'ont envoyé lettres et mails pour me faire -gentiment, et je loue leur courtoisie- comprendre que certains qualificatifs ou raisonnements relevaient de la pure interprétation personnelle. Certains sont très subtils. Ils vendraient du sable à un Bédouin en plein désert. Or certains faits ou jugements les concernant sont avérés par leurs propres déclarations ! D'autres le sont par plusieurs témoignages dignes de foi dont l'objectivité ne peut être mise en doute. Mais voilà, leur entourage leur bourre le mou et ils n'ont plus de bon sens. Le premier mandat, les premiers sourires enfarinés des collaborateurs et des courtisans, les portières qui claquent, l'ivresse de l'autorité, le rite du parapheur dont l'épaisseur jauge l'importance du grand homme...Le diable est à l'oeuvre ! Ce n'est pas de la mauvaise foi en fait, c'est bien de l'aveuglement sur soi-même. L'un m'a même reproché d'avoir écrit quelque chose alors que je ne l'avais pas écrit...Preuve qu'on a du mal l'informer. Je me demande si le suffrage universel direct n'a pas le même effet que le LSD ! Sans compter qu'une telle ivresse conduit à ne plus distinguer les bornes légales qu'il ne faut pas franchir. Du coup, il n'est pas simple de bosser sur des personnages qui ont une telle idée d'eux-mêmes.

- Mais tu t'es sacrément retenu non ?

- Et comment ! En plus, je n'aime pas blesser les gens pour le plaisir. Comme une forme d'autocensure. Mais leur ego c'est autre chose. Encore une fois, le suffrage des concitoyens - et ce qui suit, les photographes, les interviews, les colifichets qui vont avec l'exercice du pouvoir- c'est plus fort que le crack. Je comprends que certains amours-propres aient été égratignés. Comme une descente de speed.

- Donne-moi des exemples de ce que tu n'as pas dit.

- Hmmm...je ne citerai pas de nom. Mais il y a une quinzaine d'années, peut-être plus, la vice-présidente d'une importante collectivité territoriale du Nord-Pas de Calais avait demandé - oralement et discrètement- la rénovation à grands frais d'un logement de fonction miraculeusement attribué à elle qui travaillait à l'Education nationale. Logement qui se situait à deux pas du bureau d'un autre grand élu de la région. Une garconnière, en fait, comment dit-on pour une femme ? enfin comme tu veux ! Quand on lui a demandé d'exprimer sa demande par écrit, pschitttt ! plus personne. Refroidie, la libido de madame.

- On est dans le domaine de la vie privée, non ?

- Mais l'argent du contribuable est concerné. Maintenant on peut dire que monsieur et madame ont le droit d'être récompensés pour avoir entretenu le patrimoine !

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