LE PETIT THEATRE DE MARTINE AUBRY CONTINUE SON CIRQUE...SUR DAILYNORD !

Par Marc Prévost :: 25/01/2011 à 18:21 :: Général

Je rejoins DailyNord. Exaspéré par les robots spammeurs, ecoeuré par certains commentateurs masqués qui se fichent des lois sur la liberté d'expression et qui réglent des comptes, attaché à cette même liberté d'expression, limité par les faibles capacités de mon hébergeur,...en ce début d'année 2011, j'ai pris une grande décision. Aucune bonne résolution. Et une nouvelle direction.

Désormais, j'ai beaucoup plus de possibilités techniques et encore plus d'occasions d'être lu. Naturellement, je conserve une totale liberté éditoriale. Et je pense que les années qui s'annonçent vont être intéressantes. Le Petit theâtre de Martine Aubry ne quitte pas la scène et continue son cirque. Au plaisir de vous lire, les internautes...

Le nouveau lien : www.lepetittheatredemartineaubry.fr

AU-DELA

Par Marc Prévost :: 24/01/2011 à 11:57 :: Séquence Ciné

Franchement, ce film est aussi insipide que le Da Vinci code. Clint (Eastwood), ressaisis-toi ! Le titre devrait être En-deçà. Bien en-deçà...et ça vaut aussi pour Matt Damon et Cécile de France.

ENTENDU

Par Marc Prévost :: 22/01/2011 à 12:33 :: Région

Christian Decocq, le leader de l'opposition à Lille, sur France 3 Nord-Pas de Calais ce matin, dans le cadre d'un débat avec René Vandierendonck, le maire de Roubaix : "Mauroy était un authentique guesdiste, il se méfiait des patrons...". Le patron de la Fondation Jean-Jaurès, un think tank socialiste, - un certain Pierre Mauroy - appréciera.

On notera également que la succession du maire de Roubaix n'est pas encore réglée : "Le candidat sera celui désigné par les instances socialistes",...a expliqué l'actuel maire, qui n'a voulu livrer aucun nom. Le débat doit donc faire rage.

REIMS BIS

Par Marc Prévost :: 20/01/2011 à 11:54 :: Le monde selon moi

C'est ce que le PS doit éviter à tout prix s'il veut rester dans la course de la présidentielle. Les sondages qui se multiplient ces jours-ci au sujet des primaires censées désigner le (a) champion(ne) des socialistes rendent le même son inquiétant. Grosso modo : DSK et Aubry à 50/50, l'une battant l'autre de très peu. Mais la première secrétaire du PS aurait un mal fou à franchir le cap du premier tour donc à se qualifier pour le second. Il n'y a que l'hypothèse DSK contre Royal qui accorde un net avantage au directeur du FMI. Le cas Hollande/DSK également, mais l'ancien patron du PS a peu de chances de se qualifier.

Il y a certes d'autres scénarios possibles mais ce dernier apparaît assez plausible. Et c'est ce que le PS peut espérer de mieux pour désigner un candidat franchement élu et faire oublier le congrès de Reims et ses majorités ric-rac et frelatées. Avant le grand rush.

LE PS ENTRE DECOMPOSITION ET RESURRECTION

Par Marc Prévost :: 14/01/2011 à 16:23 :: Région

Le spectre d'un 21 avril bis semble faire son chemin chez les grosses têtes socialistes. Ainsi cette réflexion d'un des connaisseurs de son parti les plus patentés, Daniel Percheron, sénateur et président du conseil régional Nord Pas de Calais à Martine Aubry, maire et première secrétaire du PS (rapporté par Le Point à l'occasion de voeux de début d'année, le 6 janvier précise l'hebdo) pour tenter de conjurer le mauvais sort. "Si le PS ne désigne pas son candidat dans les trois mois, il va se décomposer..." Et les deux interlocuteurs de se faire peur en évoquant un nouveau 21 avril (voir billets: Hénin, Le Pen, le lab, et Mélenchon se déballe, du 06/01/2011, c'est un hasard !). Une saynète de genre qui résume assez bien la situation du PS.

Monsieur Percheron ne dit pas quel est le meilleur candidat, ni celui qui aurait ses faveurs, mais, puisque DSK reste "fixé" à Washington et que Martine Aubry et le PS avancent l'échéance de la rentrée pour la désignation finale... Reste François Hollande*.

Un choix qui rejoindrait alors celui de Bernard Derosier, le patron du conseil général du Nord qui, lui, a clairement annoncé ces jours-ci sa préférence en se déclarant pour l'ancien premier secrétaire du PS. Si l'on ajoute la moue indécise d'un Pierre Mauroy (voir billet: Byzantin du 10/01/2010), on se dit que la perplexité reste à l'oeuvre chez les élites socialistes nordistes.

* Le président du conseil régional Nord-Pas de Calais n'a jamais nourri d'allégeance particulière à l'égard de Ségolène Royal, son homologue du Poitou. Doux euphémisme.

2012/2017 : UN QUINQUENNAT DE M...

Par Marc Prévost :: 13/01/2011 à 20:20 :: Le monde selon moi

Simple. Si la majorité perd l'Elysée, le Front national de Marine Le Pen lance l'OPA dont elle a toujours rêvée sur cette droite sonnée par l'alternance. L'UMP explose en plusieurs tendances. Copé, d'un côté, les libéraux de l'autre, les centristes... La nouvelle présidente prépare les prochaines échéances de 2017 avec l'espoir d'être investie, après des "accords" locaux pour les municipales et les territoriales de 2014. Recomposition à droite.

Si la gauche perd, deux cas de figure. Le fameux 21 avril 2012 (voir billet du 06/01/2011, Mélenchon se déballe), autant dire qu'une quatrième défaite avec disparition dès le premier tour aurait la même conséquence qu'une explosion atomique sur le PS. Recomposition à gauche : les alliés montrent leurs dents et leurs muscles, les barons locaux se terrent au fond de leurs territoires, le PS est jugé inapte et risque scissions et sécessions. Si le candidat socialiste (peut-il y en avoir un autre à gauche ?) échoue au second tour, ce quatrième échec asséné aura l'effet d'un coup de massue sur ce même PS, qui aura perdu toute crédibilité. Décomposition à gauche. Pour l'UMP comme pour le PS, un quinquennat de m...Voilou.

Tout ça pour dire que l'élection présidentielle de l'année prochaine revêt un enjeu quasi existentiel, une sorte de quitte ou double, pour les deux grandes formations de notre vie politique. Il y aura donc un mort.

MARTINE POLO

Par Marc Prévost :: 13/01/2011 à 14:15 :: Le monde selon moi

Sur les traces de Marco Polo, Martine Aubry s'est rendu en Chine - à Pékin - entre Noël et Nouvel An. Une visite privée absolument pas médiatisée. Qui fait suite au pavillon lillois inauguré lors de l'Exposition de Shanghaï, rivale de Pékin, l'année dernière et qui, au contraire, avait été largement couverte par les medias. Décidément, l'Empire du Milieu, valeur sûre du marketing politique jusqu'à présent, déclenche des réactions parfois insaisissables chez les leaders politiques...surtout chez une personnalité que l'on dit pré-candidate aux primaires de son propre camp.

Il est vrai que l'affaire d'espionnage industriel entre le groupe français Renault et la Chine, qui éclate tout début janvier, mais dont l'enquête remonte à l'été dernier, incite à la discrétion...et à la prudence. On marche sur des oeufs...pourris.

UN COME BACK

Par Marc Prévost :: 12/01/2011 à 17:14 :: Région

De choc, il n'y a pas eu comme on pouvait s'y attendre dans une désignation dont les méandres s'apparentent à ceux d'un sénat local. Dès le premier tour, Philippe Vasseur devient donc le premier président de la chambre régionale de commerce et d'industrie nouvelle formule. Le microcosme local songeait à lui depuis bientôt deux ans (voir billet: Région en chambres, du 27/05/2009). Les nouveaux responsables consulaires issus du millésime 2010/2011 devront une grande partie de leurs nouvelles prérogatives - au moins dans l'esprit - à Bruno Bonduelle, ex-président de la CCI Grand Lille et inlassable acteur de la réforme territoriale consulaire (voir billet : La pépinière Borloo, du 24/12/2010). Le banquier et l'industriel. Les deux hommes ont taquiné la muse de la politique. A droite. Ils en connaissent affres, vilénies et petitesses.

Le monde économique et patronal des chambres de commerce n'a rien à envier à l'arène politique. Duels au grand jour d'un côté, affrontements tamisés de l'autre. Cris et chuchotements. L'édition consulaire 2011 n'a pas fait exception à cette règle. A croire que moins il y a de votants, plus les aspects de personne arrivent sur le devant de la scène comme la rubéole chez les nourrissons : sans prévenir. Ainsi, le nouvel homme fort du monde économique affiche-t-il moult casquettes*. Chez les patrons aussi, le cumul devient mal porté ! Gros bosseur et bon débatteur, il reste à Philippe Vasseur à imposer sa marque sur les grands dossiers régionaux et s'affirmer comme l'interlocuteur des autres pouvoirs qu'il a jadis fréquentés. Dans l'autre arène.

* Président du comité Grand Lille, du réseau Alliances, du World Forum Lille, de l'ESJ-Lille, administrateur de Bonduelle, d'Eurotunnel, du groupe Holder et, bien sûr, président du Crédit Mutuel Nord Europe. Inventaire avant élagage ? Il aura fallu plus de dix ans à l'ancien maire de Saint-Pol-sur-Ternoise - Pas-de-Calais, s'il vous plaît - pour se construire un nouveau pedigree.

PUELLA MATREM

Par Marc Prévost :: 11/01/2011 à 16:41 :: Le monde selon moi

Anecdote piochée dans le "Portraits crachés" de Denis Jeambar (Flammarion) à propos de Martine Aubry. Non, non, Titine de Fer n'est pas la fille de son père mais bien la fille de sa mère. De Jacques Delors elle a certes plusieurs traits de caractère. Mais sa personnalité procède peut-être encore plus de sa mère, native du pays basque, au tempérament également élaboré. L'ancien patron de l'Express raconte que Madame Delors eut le dernier mot - ma foi assez brutal - quant à la (non) candidature aux présidentielles de 1995 de Jacques Delors. Le lecteur découvrira dans quelles conditions. D'où - peut-être - l'incessant rappel de ses racines basques, invoqué tel un mantra par la patronne des socialistes. Mais qui donc pésera sur la décision de Martine Aubry cette année ?

L'EPINE LE PEN

Par Marc Prévost :: 11/01/2011 à 12:22 :: Région

Marine Le Pen a pris des cours d'économie. Son discours est de plus en plus frappé au coin de l'injustice économique et des dégâts sociaux de la mondialisation et de la crise. Et l'euro au bord de la crise de nerfs lui donne l'occasion de sonner l'hallali. Air connu. Mais la probable future présidente du Front national - on analysera bien sûr les scores de deux adversaires et le nouveau rapport de forces qui émergera de la confrontation avec Bruno Gollnisch - s'est adaptée à son terrain local. C'est encore Hénin-Beaumont qui fournit la clé (voir billet : Hénin, le lab, du 06/01/2011).

L'ancienne cité minière et ses alentours affiche trois avantages pour la fille de J-M Le Pen et lui fournit autant de sujets d'expression : la désindustrialisation, donc le chômage. L'immigration extra-européenne, donc l'islam. Enfin, l'interminable film judiciaire héninois, donc l'opportunité sinon l'argument de la morale publique. Sur le premier message, le déroulé implacable des crises en forme de poupées russes - crise de cycle long depuis 1975, crises financières et boursières, crise de système comme depuis 2008 - est une aubaine. Sur l'islam, le trait est simple et on a vu que la récente sonde sur les prières dans la rue ne restera sûrement pas lettre morte. A nouveau terrain, et à première candidature aux présidentielles, nouveau marketing politique, sensiblement différent de celui du père.

Enfin, le fief socialiste depuis plusieurs générations contient la promesse d'une récupération : ce que certains politologues ont appelé le gaucho-lepénisme, phénomène varié et variable, certes, mais réel. Et qui est aussi un itinéraire de comportement électoral entre le premier et le deuxième tour. Par exemple : on a souvent observé un vote FN au premier tour et un report significatif sur le candidat de gauche ensuite (ainsi sur certains bureaux populaires de Lille, par exemple). L'enjeu est donc de capter les anciens électeurs de gauche au premier tour et de les fixer au second tour. Voilà qui intéresse sûrement les experts socialistes, au premier chef Martine Aubry et les candidats potentiels. Dans le contexte exacerbé de la présidentielle, c'est le pari de Marine Le Pen, promue nouveau porte-drapeau du FN. Qui pourrait songer à vérifier le théorème d'ici quelques semaines.

Comme évoqué sur ce blog (voir billet : Ferrari fonce en justice, du 20/11/2010 ), Pierre Ferrari, le socialiste dissident, a attendu d'être exclu, avant de traîner son ancienne fédération du Pas de Calais en justice pour obtenir gain de cause. Canton à prendre ? De quoi alimenter la décision d'une éventuelle candidature de M LP sur ce canton perdu du socialisme en mars prochain pour les cantonales ? Ce qui donnerait une réelle épaisseur à sa trajectoire présidentielle.

BYZANTIN

Par Marc Prévost :: 10/01/2011 à 20:02 :: Région

Petit echo rigolo dans VDN sur la préférence de Pierre Mauroy aux prochaines présidentielles. L'ancien maire de Lille avait clamé haut et fort son choix en 2007 : c'était Ségolène qui avait les faveurs de l'ex-patron des socialistes. DSK ? " S'il se présente, je le soutiens". Et entre Titine de Fer et Ségo du Poitou ? " Martine, évidemment ! ". "Non sans ajouter : "...si elle se présente". Mais le pape des socialistes, toujours très à cheval sur l'orthodoxie de sa famille politique, ne dit pas si c'est aux primaires, au premier ou au second tour ! ...Byzantin, le pape Pierre !

LES CINQ-CENTS JOURS

Par Marc Prévost :: 10/01/2011 à 14:19 :: Le monde selon moi

J - 500. A ce terme, les Françaises et les Français se seront donné un ou une nouvelle présidente. Aucune prévision possible à ce jour et je ne suis pas devin. Seulement quelques impressions sur l'état des lieux. Une photographie naturellement sujette à retouches. Cinq-cents jours.

- Mélenchon/PC. Etonnant parti communiste. Il y a quarante ans, il zappait l'élection présidentielle et se rangeait dans la roue de François Mitterrand, candidat de l'union de la gauche. L'attelage a fonctionné deux fois : 1965 et 1974. Après une longue série de revers à l'élection suprême, leur étiage passe de 15 % (Marchais) à...moins de 2% (Buffet). Finalement, le PC n'a plus rien à perdre...sauf qu'il est d'abord un parti d'élus ancrés dans leur fief. Peut-on parier qu'il jetteront aux orties leur porte-étendard non issu de leur sérail juste après la bataille (voir billet Mélenchon se déballe, 06/01/2011)? Mais je voudrais bien savoir les cas de conscience du grand parti de l'après-guerre qui confie son avenir à un "malade infantile du communisme !" L'ancien trostkiste Méluche doit sourire encore plus.

- UMP : on a presque fait le ménage à l'UMP. De Villiers éteint, par la maladie et la trahison. Presque un air de tragédie. Un mouvement pour la France désormais rallié aux grands barons locaux. De toute façon, le vicomte de Vendée n'avait pas de dauphin. Les chasseurs sous perfusion ont rejoint les listes UMP aux régionales. Les deux ensemble : encore quelques points pour Sarkozy au premier tour. Comme en 2007, le candidat sortant veut maximiser son premier tour et récupérer les voix centristes au second. Un Bayrou fort semble moins évident qu'en 2007. De toute façon, une grande part des voix bayrouistes s'étaient reportées sur le candidat Sarkozy. Une inconnue (et de taille) Villepin, peut-être le plus cathodique des candidats putatifs. Dupont-Aignan ne fait peur à personne. Son vrai problème, c'est Marine Le Pen.

- Le Pen : le laboratoire héninois et la présidence du FN seront de vrais atouts. Son programme est écrit : (voir billet L'epine Le Pen). L'islamisation selon elle des sociétés occidentales lui fournit une perche inespérée dans un pays qui n'a pas encore digéré sa guerre d'Algérie si ce n'est la perte de son Empire. La réticence de certains medias (Drucker,...) la fait se draper dans l'habit du martyr.

- PS : Le socle du PS est beaucoup moins solide que celui de l'UMP dont l'électorat est traditionnellement plus discipliné (cf les reports Balladur sur Chirac en 1995 ou même Barre sur Chirac en 1988). Martine Aubry doit impérativement trouver la martingale pour éviter l'éparpillement au premier tour qui pourrait être fatal version 21 avril 2002, et trouver l'élan nécessaire pour gagner au second.

Problème: les satanées primaires qui seront le vrai baromètre des capacités d'alternance du PS. Tout se jouera donc à la rentrée. Deux exigences : une forte participation. L'idéal est de voir affluer plusieurs...millions de votants pour donner une crédibilité ET de désigner un(e) champion(nne) qui sera largement élu(e). Disons, au moins 60 % des voix, pour conjurer définitivement le spectre de la division donc de l'hésitation. Et je ne parle pas de cette tunique de Nessus du soupçon qui colle à la peau du PS depuis le congrès de Reims. On promet une haute autorité. On ne pourra pas recompter indéfiniment les voix. Le premier tour, c'est six mois après. A J-200.

LE COUP DE JARNAC

Par Marc Prévost :: 08/01/2011 à 11:10 :: Le monde selon moi

Ségolène Royal a une nouvelle fois montré des réflexes affûtés. "J'ai envie de succéder à François Mitterrand...", a t-elle dit au Monde. Un tel voeu, formulé sur le seuil de la maison natale de son mentor, le président de la République disparu voici quinze ans, revêt une allure incantatoire." Pourquoi d'ailleurs vous cacher que, lors de ma déclaration de candidature aux primaires pour la présidentielle, j'ai pensé à lui". La présidente de Poitou-Charentes sait la force des symboles. Et celui du seul socialiste vainqueur d'une élection présidentielle en est un, et de taille. Et peu importe l'indécence que ses détracteurs ne manqueront pas de stigmatiser. A son rôle d'hôtesse de la mitterrandie pour la commémoration de la mort de l'ancien président, elle ajoute un statut de candidate à sa succession.

Il y a quatre ans, forte de sondages étincelants, l'ancienne ministre de l'environnement marchait sur l'eau et s'était permis de snober le pélerinage de Jarnac (ce Laurent Fabius déguisé en fantôme de Mitterrand, chapeau et écharpe compris ! ...). Mitterrand, c'est le grand soir du 10 mai 81, un espoir réalisé après 23 années dans l'opposition. Après tout, en 2012, l'Elysée sera à droite depuis 17 ans. Message limpide. Et terriblement évocateur dans le futur espace des primaires à gauche sur lequel les ténors du PS auront moins de prise que sur l'univers strictement militant.

On remarquera la timidité des autres caciques du PS qui avaient fait le pélerinage de Jarnac. On n'imagine pas un Arnaud Montebourg, candidat aux primaires, proclamer - et l'avocat n'est pas avare en tonitruance - une hypothétique filiation. Pendant les deux septennats du Roi François, il n'était qu'un jeune écuyer quasi inconnu (élu député de Saône-et-Loire en 1997, il avait, il est vrai plaidé dans l'affaire Carrefour du développement dès 1992, qui avait défrayé la chronique mitterrandienne).

Difficile pour une Martine Aubry, patronne d'un parti travaillé par les forces centrifuges, et peu encline aux postures d'intention, de tenter la préemption de l'îcone. Il y a tout juste un an, elle et le clan socialiste nordiste avaient invoqué les mânes de l'ancien président à ...Lille. Ainsi reléguée au rang d'un notaire-en-chef du parti, la première secrétaire doit laisser l'initiative à sa rivale du congrès de Reims. Un magistère de la parole que l'ancienne conseillère de François Mitterrand à l'Elysée maîtrise mieux que personne. Ségolène Royal a une fois de plus marqué son territoire. Jarnac : une fausse trève. Et un vrai coup.

DSK : LE CHEMIN DE LIEVIN

Par Marc Prévost :: 07/01/2011 à 16:19 :: Région

Gérard Collomb sera à Liévin le vendredi 14 janvier et assistera aux voeux du député-maire du cru Jean-Pierre Kucheida. Le sénateur-maire de Lyon est un des plus solides soutiens de Dominique Strauss-Kahn. On avait connu le liévinois plus fabiusien que çà dans son jeune temps (et surtout percheronien)...et même pro-Royal en 2006 lors des premières primaires du PS qui avaient désigné Ségolène contre...Fabius et DSK. De là à y voir une recomposition locale des alliances et des réseaux politiques des uns et des autres dans l'optique des primaires et considérer l'édile de la cité des canuts en poisson-pilote du messie de Washington...

De toute façon, Gérard Collomb est officiellement invité pour parler de l'aménagement du territoire. Rappelons quelques-uns des principaux soutiens de DSK dans la région : Dominique Baert, député-maire de Wattrelos, Bernard Roman, député de Lille et vice-président du CR, Frédéric Cuvillier député-maire de Boulogne-sur-mer, Michèle San Vicente, sénatrice du Pas-de-Calais, Serge Janquin, député du Pas de Calais. La députée Catherine Génisson, première fédérale du Pas-de-Calais, s'était prononcée pour DSK en 2006. Michel-François Delannoy, le maire de Tourcoing, a mis beaucoup d'eau aubryenne dans son vin deuxième gauche. Il est évident que l'irruption (accouchement aux forceps quand même) de Titine de Fer à la tête du PS a dû bousculer les vocations, les susciter comme les décourager.

Combien d'entre eux emprunteront le chemin de Liévin ?

LE GRAND CHAMBARDEMENT

Par Marc Prévost :: 07/01/2011 à 10:14 :: Région

Ca y est, la grande assiette au beurre socialiste est en train de tourner. Après René Vandierendonck, le maire de Roubaix qui transmettra le flambeau de sa mairie après son élection d'automne au Palais du Luxembourg (voir billet le Théorème de Vandiérendonck, du 9/10/2010), c'est au tour d'Yves Durand, le maire de Lomme qui affirme (ce matin dans VDN) laisser la place - il songe à Roger Vicot - s'il est reélu à l'Assemblée nationale en 2012. Pas si évident que çà : en 1993, il avait courbé l'échine devant une Françoise Hostalier conquérante de la 11 ème circonscription...

Tout dépend, on le voit, de la présidentielle et de ses conséquences sur les législatives quelques semaines plus tard. Gageons que si le successeur d'Arthur Notebart dans cette commune socialiste jusqu'à la moelle s'engage ainsi, c'est qu'il y croit. Si l'on ajoute le renoncement d'un Bernard Derosier, député de la 2 ème, à prolonger son bail au conseil général du Nord (qui devrait échoir au lillois Patrick Kanner en mars prochain), et les interrogations qui pèsent sur les trajectoires des autres grands barons (Michel Delebarre, Daniel Percheron,...voir billet du 22/12/2010: de Saintignon...), il devient patent que ces petits ajustements vont faire un grand chambardement. Voilà qui donne le "la" des élections locales à venir. 2012 ne sera pas 2007, et 2014 ressemblera peu à 2010.

Ajouté aux lois de la biologie et du bousculement des générations, le fait est d'importance. Il faut y voir la volonté de la première secrétaire du PS de renouveler les élites avant le grand assaut de l'année prochaine et d'accréditer dans l'opinion la stratégie du "décumul" des mandats. A fortiori dans son propre fief. Une grille de lecture à appliquer aux autres régions, naturellement (en particulier Languedoc-Roussillon, Bouches-du-Rhône,...) et quelques réserves à formuler quant à la réalité de cette posture : les intercommunalités-cimetières et autres fromages du cru permettent d'apaiser la douleur d'un abandon contraint. Dernière question : à qui, au parti socialiste, engagé dans la course à l'échalote des primaires, ce grand nettoyage de saison profitera-t-il ?

* Décidément, Lomme joue un rôle original dans le destin de la métropole lilloise. Fief de l'ombrageux Notebart, patron de la communauté urbaine jusqu'en 1989, qui n'hésitait pas à river son clou à son puissant voisin Pierre Mauroy, c'est la fusion avec Lille il y a dix ans qui offre à Martine Aubry les clés de la capitale des Flandres. Aujourd'hui, son premier magistrat - faux air avec cet autre lillois fameux qu'était Philippe Noiret - décide une nouvelle fois de jouer les Alexandre le bienheureux en apportant de l'eau au moulin de sa famille.

MILLE BILLETS !

Par Marc Prévost :: 06/01/2011 à 21:07 :: Le monde selon moi

Belle occasion pour présenter ses meilleurs voeux 2011 ! Fichtre ! Depuis début octobre 2007, j'ai donc pondu un millier de billets sur des sujets aussi divers que variés, soit un rythme finalement pas si harassant (il faut bien bosser "normalement " un peu ! et Minette exige des soins attentifs) : trois par semaine, on va dire. Pas tout-à-fait. Ils tournent toujours autour de la politique avec comme pivot Pierre Mauroy d'abord puis, naturellement, Martine Aubry, ce qui, on en conviendra, n'est pas une mauvaise solution pour faire le tour de la planète politique.

Tout en restant le plus objectif possible. Mais l'objectivité n'est qu'une subjectivité maîtrisée, ma bonne dame. Ah si, la séquence ciné vous renseigne où je suis. De temps à autre.

En tout cas, il va y avoir du nouveau d'ici quelques jours sur votre blog préféré...

* Désolé pour les spams intrusifs et vraiment énervants, et qui m'obligent à nettoyer tous les matins parfois à tort et à travers, d'ailleurs (suppressions inopinées de billets et/ou de commentaires...).

LE PEN : HENIN, LE LAB

Par Marc Prévost :: 06/01/2011 à 19:47 :: Région

Marine Le Pen se présentera-t-elle aux cantonales dans le Pas de Calais, à Hénin-Beaumont *? Précisément sur le canton d'Hénin-Montigny-en-Gohelle, où les candidats prolifèrent au rythme de la discorde qui secoue ce fief socialiste dont le titulaire est âgé de 75 ans et tentera en mars prochain la passe de quatre.

Sur les Atrides qui rongent le parti socialiste dans ce coin de l'ex-bassin minier, on a beaucoup écrit sans tout dire, tout en ignorant encore beaucoup des coulisses et arrières-cuisines. Et quand un funeste hasard terrasse le maire enfin désigné par le suffrage universel (Daniel Duquenne malade), on se dit qu'il y a des malédictions qui collent à la peau. L'histoire politique héninoise de ces dix dernières années n'est que celle d'une guerre de succession jamais éteinte. Darchicourt, Dalongeville, Duquenne,...un long conflit scandé par les sécessions des uns et des autres. Qui sème le vent...récolte la tempête.

Voilà treize années que Marine Le Pen a jeté son dévolu sur le Nord-Pas de Calais. Même après son come-back en Ile-de-France entre 2004 et 2010 - pour reprendre en main la maison FN, elle aussi travaillée par des forces obscures, au moins depuis le schisme mégrétiste de 1999 - la fille de J-M Le Pen n'a jamais oublié ni négligé ce Nord-Pas de Calais tellement réceptif au discours démago et rodé anti-UMPS (anti establishment, anti-banques, anti-euro (pe), anti-immigration,...) .

En mars 2010, le FN est devenu la deuxième force politique du Pas de Calais au terme d'une campagne pépère pour la gauche et meurtrière pour la droite. Dans les états-majors, les calculettes rendent les mêmes chiffres : Henin Beaumont a voté à plus de 44 % pour le FN et...Montigny en Gohelle, à près de 34 %. Un air de proie à prendre. Talonnant sur Hénin-Beaumont la liste Percheron, le président socialiste sortant et réélu! Voilà qui peut donner des idées. Le trop-plein de candidats servira la candidature FN, compactée et ramassée, forte de la discipline militante et de l'énergie de la revanche. Un face-à-face FN/gauche dangereux pour cette dernière.

Et, pour creuser la différence, une aura hexagonale de toute façon acquise, les medias qui braqueront les feux de l'actualité (air connu, Marine Le Pen laboure depuis huit ans les campagnes électorales entre Lens et Wingles, Hénin-Beaumont et Courrières, faisant sa pelote et prenant date pour son grand soir à elle), et un discours républicanisé. Sa récente et brutale position sur l'islam - les prières dans la rue - la fait presque apparaître comme un archange de la laïcité. Un capital que sa - probable - élection à la barre du FN à la mi-janvier ferait fructifier. Avec, en surplomb, le rêve d'un 21 avril bis.

Mais pourquoi un canton, même au coeur du monde socialiste, même à un jet de pierre du jardin de Martine Aubry, maire de Lille ? Un canton, çà ne fait pas rêver les masses. Pardi ! Ce serait la première fois qu'elle serait élue au suffrage universel direct dans un scrutin majoritaire**. Pour se présenter à la présidentielle, il faut des racines.

* C'est ce qu'évoque Djamel Mermat, chercheur en sciences politiques à Lille 2, dans une interview à Libélille (29/12/2010).

** On peut compter sur l'habileté procédurière de M-L Le Pen pour tenter de concilier son problème de cumul le plus longtemps possible (députée européenne et conseillère régionale). Mais, à tout prendre, quand on prétend à l'Elysée, il vaut mieux une chaise cantonale qu'un fauteuil européen. Après tout, Lionel Jospin en avait fait autant dès 1988 du côté de Toulouse avec le canton de Cintegabelle, son seul mandat quand il se lança dans la compétition présidentielle de 1995.

MELENCHON SE DEBALLE !

Par Marc Prévost :: 06/01/2011 à 11:32 :: Le monde selon moi

Coup de fil d'un ami.

- Tu as vu Mélenchon ? Ou plutôt écouté sur Europe chez Nicolas Demorand ?

- Oui, il a encore franchi un cap, le Méluche . "Remballez vos grands airs de mépris à l'égard des élus du peuple...". Ceci dit, il est obligé à la radio d'en faire beaucoup par rapport à la télé. Qu'est ce que ça va être pendant la campagne dans un an, tu crois ? Il va arriver sur les plateaux habillé en sans-culotte et danser la carmagnole, la tête de Strauss-Kahn ou Sarkozy au bout d'une pique ?

- Il va péter les plombs. Il les a déjà pétés d'ailleurs. Il est dans une logique de surenchère. Toutes les semaines, il se demande ce qu'il doit dire pour se faire remarquer.

- T'inquiète...il se rangera gentiment dans la roue du meilleur placé à gauche après le premier tour. Que ce soit Aubry, Strauss-Kahn ou Royal. On enverra Cambadélis, ou même Julien Dray, pour le calmer. Entre anciens trotskistes. Ils sauront trouver les mots du genre "tout sauf Sarkozy", alternance, vote utile, pas de 4 ème défaite pour la gauche. Moi, je n'oublie pas qu'il y a les législatives derrière. Et Monsieur Mélenchon, s'il veut surnager dans le paysage après 2012, doit penser à sa base parlementaire. Mélenchon n'est pas Arlette ou Besancenot, ne pas confondre. Ce que les écolos-Verts ne pourront pas faire avec le PS, le Front de gauche le fera. Tu penses ! On vous promet 50 élus dans la prochaine assemblée ! Ne pas oublier non plus que le Front de gauche, c'est beaucoup d'élus communistes, habitués à traiter, parfois férocement, avec le PS, et qui pensent surtout à survivre y compris financièrement. Méluche sera débordé à ce moment. Sa plus-value n'est que médiatique.

- Et s'il dépasse les 10 % ou s'en approche ?

- Si c'est Aubry, le risque, c'est un 21 avril bis...-. Il prendra au premier tour sur Titine de Fer qui aura du mal à compenser au centre, avec les deux "B", Bayrou et Borloo. Un peu comme Chevènement en 2002. Tu imagines : Marine Le Pen à 18/19 % et Sarkozy à 23/24 %. Aubry à 17/18%...Je ne te dis pas les conséquences pour le PS. Si c'est DSK, Mélenchon fera théoriquement un meilleur score qu'avec Aubry. Mais DSK capitalisera au centre et même un peu à droite, y compris chez les électeurs de droite qui ne veulent plus de Sarko qui les a trompés, etc...et qui pourraient être tentés de le sanctionner en votant MLP. Aubry patronne du PS se rangera dans la roue de DSK (Matignon, mon vieux Matignon) et fera taire l'aile gauche.

- Tu es optimiste pour Sarko, non ?

- La droite va se ressouder. C'est inéluctable s'ils veulent préserver leurs chances. Hier, Raffarin, qui connait bien le sujet, pronostiquait un retrait de Morin - aucun intérêt pour le NC d'avoir un candidat à 3,88, allez, 3,89 %, au premier tour, quand on songe aux scores des candidats UDF aux précédentes présidentielles - et de Villepin.

- Ah bon, Villepin ?...

- On aura la réponse après son procès en appel. Ce qui est sûr, c'est qu'il ne se retirera pas le lendemain du jugement. Et puis, il a un problème de soussous...

- Et Borloo ? Il va fixer les voix du centre comme tu dis ?

- Le candidat anti-Bayrou en fait. Les voix centristes de Borloo sont plus facilement canalisables au second tour, celles de Bayrou moins. Lui, il reviendra à son étiage "normal", entre 6 et 8 %. Pour moi, les deux inconnues, c'est la tactique de Borloo, d'abord. Il vise Matignon si Sarko repasse. Il sera en compétition avec Copé, patron du parti vainqueur. Pas simple pour un Sarko gagnant. Si Borloo pique sa crise, il est capable d'aller voir ailleurs...si DSK y va, que fait Borloo ? Deuxième inconnue, le score de Marine Le Pen au premier tour évidemment qui pésera sur celui de Sarkozy donc déterminera sa dynamique. M'enfin, tout çà reste encore aléatoire...

ARDITI SAIT SON TEXTE

Par Marc Prévost :: 06/01/2011 à 9:49 :: Le monde selon moi

Hier sur le plateau de Guillaume Durand (Face aux Français sur France 2), le comédien Pierre Arditi a exprimé tous ses voeux d'intention de vote à Dominique Strauss-Kahn. Question : "Et Martine Aubry, alors...non ? ". Réponse affirmative de l'intéressé. Mais on sentait bien que le coeur avait supplanté la raison.

Décryptage : fin 2009, une escouade d'artistes "de gôche" - Maxime Le Forestier, Juliette Greco, Michel Piccoli, Bernard Murat et Pierre Arditi - avait adressé une lettre ouverte à la première secrétaire du parti socialiste pour protester énergiquement contre le vote de rejet par le PS à l'assemblée de la loi Hadopi, voulue et préparée par la droite et présentée par Frédéric Mitterrand, le ministre de la culture. Mesure qui vise à protéger les droits des artistes sur leurs oeuvres dans le cadre d'internet et à réprimer le piratage.

RETROUVAILLES

Par Marc Prévost :: 05/01/2011 à 19:10 :: Région

La politique est aussi le fruit du hasard. Et les faux amis d'hier sont parfois les vrais adversaires de demain. Au PS du Nord, on étudie la possibilité de "parachuter" Alain Cacheux sur la cinquième circonscription actuellement détenue par l'UMP Sébastien Huyghe, ancien challenger de Martine Aubry aux municipales à Lille en 2008. Rappelons qu'Alain Cacheux, également adjoint à Lille, un temps pressenti pour intégrer la liste sénatoriale du Nord, est député de la troisième circonscription (Mons-La Madeleine, appelée à disparaître suite au redécoupage. Le fief envisagé (Haubourdin-Seclin), est lui aussi touché par le redécoupage, mais appelé à s'agrandir (La Bassée). Ironie de l'histoire : c'est la défaite de Christian Decocq (UMP) aux législatives de 2007 contre Alain Cacheux qui précipite la candidature de Sébastien Huyghe au beffroi lillois, avant de quitter le conseil l'année suivante. Les deux hommes se retrouveraient donc.