Bienvenue dans la blogosphère. Depuis deux semaines, Nord Eclair a son blog politique. A l'instar de son grand-frère, La Voix du Nord, qui a déjà quelques blogs (VDN off, celui de la locale de Villeneuve d'Ascq, pour ne citer que ceux que je lis régulièrement), le quotidien livre désormais billets et "décryptages" sur les élections régionales : Clic droit, Clic gauche, le blog politique de la rédac' (Sébastien Leroy et Florence Traullé,...pour l'instant). Il fallait ajouter Clic centre, référence à l'héritage démocrate-chrétien du titre.
Pendant que j'y suis, j'apporte mon petit écho à ce fameux comité de salubrité régional, né lui aussi fin janvier et sous-titré: Une autre lumière sur la campagne des régionales 2010, qui a déjà fait couler beaucoup d'encre numérique, et qui m'a mis en lien (ainsi que celui de son Altesse Cobertissime entre autres). J'aime pas trop le titre, mais les mystérieux instigateurs ont certainement déjà encouru le même reproche. Recherche au sein de la pieuvre Facebook et ses amis. Verdict non définitif : un comité dont certains "amis" penchent à droite, avec des noms comme Yannick Descamps (UMP), Eric Portejoie (RPR, FN), Philippe Duez (ancien journaliste, CDS, Borloo, Nouveau Centre),....
Naturellement, tout cela reste au niveau de l'hypothèse, tant il est facile de brouiller les pistes et égarer les recherches. Pour l'exégèse et les considérations lexicologiques et sémantiques censées fournir indices et déductions, on se reportera à Dailynord ou au journal de Geed (J-F "Conan Doyle" Garsmeur). Si je comprends bien, il s'auto-détruira le 22 mars, lendemain du deuxième tour. Ah oui, le comité avait mis l'ami Marc Vasseur quelques jours puis l'a retiré ! Trop Europe Ecologie, le Marc ? Ou trop engagé tout court ?
Marine Le Pen sur BFM TV, chez Olivier Mazerolle. On l'interroge sur les régionales. La future numéro un du Front National en profite pour tacler le pouvoir socialiste sortant dans le Nord- Pas de Calais où elle se présente et en rajoute quelques louches dans les chiffres : 50 % d'augmentation des embauches de personnel au conseil régional, un "palais" - hôtel de région - pour Monsieur Percheron de 180 millions d'euros "pour l'instant".
Pour ce dernier, j'en été resté à une centaine de millions après que l'actuel président ait raboté le projet du précédent (Michel Delebarre). C'est vrai que l'on pourrait aisément hausser un sourcil au vu de certaines factures salées ou organigrammes étoffés... M'enfin, de là à tout multiplier par deux !
Ou l'art de noircir ce qui n'est pas tout blanc...
Nouveau fil d'Ariane pour ne pas perdre celui du récit des Chroniques de l'Empire.
- Savonarole Journu-Dolet. Comme le truculent Treng'hor, délégué à la Diète de Strasbourg, le député du pays de la Scarpe a rompu avec le parti des jacobins et a rejoint la troupe déterminée des Parfaits de la République, ce comité de salut du peuple, flanqué à sa gauche des Montagnards, lui flangardant à droite. Le baron Saint-Hardi, disciple de Jean de Mormal, le pape de tous les jacobins, se souvient encore du tournoi perdu par lui quand tous deux se fussent durement affrontés pour le contrôle des sectionnaires de Flandre et du Hainaut.
- Kadher Kahn. L'un des (rares) favoris de la grande-Duchesse qui vient de l'élever son conseiller en illusion et rhétorique. Longtemps proche des carlistes de Lille, ce médecin levantin, désormais attaché au char grand-ducal, sait les adresses et chafouineries de la politique. Et ses pièges. - Xavier de Méricourt. La noblesse jacobine a son démiurge, le cardinal duc Ernest de Coquelin, qui exerce sur elle un droit de vie et de mort. A droite, on craint et se défie - mais motus ! - de cet Etre suprême qui a déjà engendré de son flanc Hippolyte de Foucauld, ancien échevin de Valenciennes, et sa propre fille, Colombe Des-Anges, secrétaire d'Etat du précédent. - Jay Mahoganny. Quand, l'air assuré, elle descendit pour la première fois des fourgons de la grande-Duchesse, tout le monde comprit qu'un ange ne passait pas. Promise aux plus hautes destinées par la grâce de sa majesté qu'elle sert sans états d'âme. Commandante des sectionnaires de Lille.- Georges-Henri de Martignac-Feynelon. Montagnard de souche et de conviction. Solidement retranché sur son fief de l'Amandinois, là où surgissent des eaux miraculeuses et prospère une fameuse maison de jeux. Songe à la prochaine grande désignation.
“ Votre politique est à l’aune de vos mauvaises actions. Vous dîtes oeuvrer pour le bien commun mais empruntez aux philosophes pour discourir et aux bonimenteurs pour appâter le bon peuple et les gentilhommes. La vérité, c’est votre esprit de Narcisse et vos manières sans-gêne, votre coeur sec et vos âmes de pierre. Je quitte un champ qui n'est plus celui de l’honneur”. Colère de Jupiter ! Stefanio Sant’Alessio en veut à la terre entière.
Un regard de fauve et une voix de stentor ont porté la philippique du capitaine des compagnons de la Forte-Alliance jusque dans le salon de l’Empereur. Je vous l’avais dit, jeune citoyenne, le combat pour les provinciales contient toujours son lot de bruit et de fureur. Le carliste échevin de Phalempin rompt les amarres avec l’équipage de la Forte Alliance et de la Ligue des Ralliés. La marquise Des-Anges en aurait, dit-on, hoqueté de surprise.
Même l’aimable comte Théroigne, dit Prieur de la Scarpe, échevin de Douai, a essuyé l’ire du furieux chevalier. Qui dardait ses yeux de feu sur ces faux compagnons, comme Marie-Archange de Festhubert, ancienne secrétaire à la scolastique du Roi Jacques, qui réclame à grand cri son bannissement. Dresser la liste des heureux appelés, c’est comme vider l’océan, et un nom, un seul, représente une bataille acharnée de préséance.
On songe à ces courtiers de la bourse des titres et valeurs, qui refusent de se ployer, et se précipitent tout d’un rang sans se préoccuper de leur voisin, et ce dans le seul but d’arracher le papier qui fera leur fortune. On s’attend à ce que le retors jette son gant martial au visage poudré de la marquise désignée mère de tous ses maux. Cette marquise si bien née et si bien appuyée et qui lui a ravi le privilège de mener l’attaque contre le cardinal-duc jacobin Ernest de Coquelin.
Curieuse tactique au demeurant. Un général qui voudrait remporter la victoire ferait-il donner le canon contre ses régiments ? Notre chicanier officier avait pourtant reçu l’onction de ses compagnons et se voyait déjà courir la plaine à francs étriers. Mais le Château en a décidé autrement, puisque l’équilibre des forces qui entourent notre souverain exige de tels sacrifices, voulus dans la pénombre d’un cabinet d’état-major.
Et c’est dans les boudoirs et petits salons du Grand-Duché, ma nièce, parmi les confidences susurrées et les secrets révélés sotto voce, qu’il faut aller chercher la clé d’une si violente dispute. La raison de Cupidon ne serait pas étrangère à cette querelle de pluviôse...que l’on dirait inspirée des plus osés écrits de monsieur Restif de la Bretonne. Et la rumeur enfle, gonflée telle la voile sous l’alizé. C’est avec des mines libertines que nos damoiselles, gorges chaudes déployées et joues rosies par l’évocation du péché, troussent - ma foi, avec talent - les mignardises et les gourmandises qui font une carrière. Ou la défont.
Et voilà pourquoi, jeune citoyenne, les jacobins arborent le sourire du lutteur qui vient de terrasser son adversaire. La grande-Duchesse tient de plus en plus fermement les rênes du parti de monsieur de Jarnac, son mentor en politique, et, de par l’empire, l’assaut promet quelques lauriers pour les comtes et ducs jacobins qui occupent leurs forteresses mieux que les régiments retranchés dans une citadelle de monsieur Vauban, comme celle de sa bonne ville de Lille.
Ainsi donc, ce serait le grand amour entre le patron de Versailles et les socialistes régionaux ? Les commentateurs de la blogosphère ont bien remarqué le renvoi d'ascenseur entre Daniel Percheron et Jean-Jacques Aillagon. Le premier apporte une coquette subvention au second pour lui permettre de restaurer une statue de son royal Château. Bigre ! 85 000 euros tout de même. Ministre de la culture de J-P Raffarin il y a quelques années, J-J Aillagon, UMP versant chiraquien, avait paraphé la décision d'installer une antenne du Louvre à Lens, le grand-oeuvre de monsieur Percheron qui verra le jour en 2012.
Mais, presque la même année, c'est un autre de nos socialistes qui s'était fâché tout rouge avec le même Jean-Jacques Aillagon. Qui s'était permis - horresco referens - de visiter le musée Matisse du Cateau-Cambrésis sans en alerter Bernard Derosier, le susceptible président du conseil général du Nord, principal subventionneur de l'équipement culturel. Il faut ajouter que le ministre se faisait tirer l'oreille pour donner les sous de l'Etat - plus d'un million d'euros - et aider le musée à l'acquisition de deux toiles du grand peintre.
Quel est le point commun entre Ségolène Royal et Dominique de Villepin? A part le fait que le second enseigna à la première dans les si prestigieux amphis de l'ENA. Certains avaient même osé susurrer quelque roucoulade... Eh bien, chacune sur leur itinéraire, ces deux grandes figures de notre scène politique peuvent faire perdre leur camp à la prochaine présidentielle. En éparpillant au premier tour, donc en retenant pour le second, un flot de voix destiné au champion de leur camp. Sarkozy pour celui de D de Villepin, Aubry, DSK ou un autre pour celui de Madame Royal. Et l'on sait que, même hors la course à l'Elysée, ils garderaient un formidable pouvoir de nuisance. Classique jeu de la démocratie, dira-t-on.
Machine à perdre à droite, mécanique infernale à gauche, l'histoire est connue. Ségolène Royal attend sa renaissance et espère prolonger son bail à la tête de la région Poitou-Charentes. Malgré des sondages tièdes et un début de fronde sur la question d'une alliance locale avec le Modem, réélue au premier tour, ou facilement au second, elle retrouverait des arguments à faire valoir contre une Martine Aubry. Villepin engrange un capital de sympathie dans l'opinion et prépare déjà sa plaidoirie d'appel dans le procès Clearstream avant de se décider. A gauche ou à droite, tous deux apparaissent déjà comme des oiseaux de mauvais augure, et c'est ainsi que leurs nombreux adversaires se plairont à les dépeindre. Ce qui ne les empêche pas de se parer, pour lui, des habits du prophète, et pour elle, de la robe de la pythie.
Europe Ecologie a t-elle intérêt à une victoire d'un ou d'une candidat(e) socialiste en 2012 ? La récente proposition de Daniel Cohn-Bendit d'échanger une cinquantaine de députés estampillés EE et soutenus par le PS contre un appui franc et massif au second tour de la présidentielle ressemble à un marché de dupes.
Car il est évident qu'en cas d'alternance à gauche et d'un(e) présidente issu(e) du PS, ce dernier sera dans une telle position de force que ses vieux réflexes hégémoniques écraseront tout projet de répartition des sièges de gauche entre EE et le PS (et ses alliés traditionnels), au moins dans ce cas de figure. Ajouté à la pression des élus sortants et des prétendants socialistes, il restera une poignée de fauteuils à l'AN disponibles pour EE, disons un peu plus qu'actuellement.
Mais personne ne pense qu'Europe Ecologie puisse lever le pied entre les deux tours de la présidentielle si le ou la candidat(e) socialiste est bien placé(e)...
A l'inverse, pour les législatives, les candidats PS auront d'autant plus besoin des voix EE - plus importantes qu'en 2007, par exemple- pour se faire élire que leur champion(e) sera défait(e) à la présidentielle. De quoi négocier une répartition plus équitable. Reste l'hypothèse la moins plausible : un Sarkozy réélu et une cohabitation avec une assemblée de gauche, ce qui relancerait le marchandage des "cinquante". Sur le plateau de Nicolas Demorand (C'est Politique), DC-B, leader EE, et qui ne fait pas l'unanimité dans son camp sur cette question, laissa échapper : "la présidentielle n'est pas la bonne élection pour nous..."
Xavier Bertrand, le patron de l'UMP, a appelé Thierry Lazaro dimanche après-midi. On peut croire que c'était pour parler de cette maudite liste aux régionales dans le Nord et de la défection du secrétaire départemental de l'UMP. Mais problème de timing. "J'ai voulu le rappeler, c'était un numéro masqué", a déploré Lazaro sur le plateau de France 3 N-PdC. Xavier, vengeur masqué, si tu lis, rappelle-le, va.
On l'a dit, le prochain congrès fédéral de l'UMP dans le Nord sera à couteaux tirés, et la lame de Thierry Lazaro particulièrement affûtée (voir billets précédents). Et pourrait rappeler celui du RPR à Lesquin il y a une douzaine d'années, quand Colette Codaccioni avait été démise de ses responsabilités à l'occasion d'une assemblée houleuse. L'ancienne tête de liste aux régionales dans le Nord (1998) en avait versé quelques larmes, pas forcément de crocodile, dans le marigot.
Mais déjà les pronostics vont bon train quant à un éventuel remaniement, on dira reprise en main, des instances fédérales nordistes, en particulier le poste de secrétaire départemental actuellement occupé par...Thierry Lazaro. On parle de Sébastien Leprêtre, le maire de La Madeleine, proche de Thierry Lazaro, ou de Bernard Gérard, député-maire UMP de Marcq-en-Baroeul, assisté de Brigitte Astruc, conseillère régionale sortante et adjointe à Lambersart.
Ce qui est amusant dans le retrait fracassant de Thierry Lazaro de la liste UMP/Nouveau centre dans le Nord-Pas de Calais, - le jour même du gong de départ de la campagne UMP au niveau national - c'est qu'en termes de mandat, il ne perd rien.
- De toute façon, vexé de laisser la première place à son adversaire Nouveau Centre, touché par le cumul, " il aurait démissionné une fois élu " confie ce colistier. Peu de chance qu'il eût choisi de siéger à la région, ce qui le condamnait à végéter derrière Valérie Létard dans l'opposition au pouvoir socialiste, et à ne pas pouvoir faire valoir un quelconque leadership à la prochaine échéance. Quasiment un mandat pour rien.
- Le député-maire de Phalempin aurait voulu faire parler de lui qu'il ne s'y serait pas pris autrement. Ira-t-il jusqu'à la constitution d'une liste dissidente d'ici le 15 février date limite de dépôt, en rameutant les déçus, les relégués et les oubliés de la liste d'ouverture concoctée par les "copinocrates", Marc Daubresse, Francis Decourrière, et Jacques Vernier, le triangle fort de l'UMP. " Encore jouable ". Ouais, mais sacré coup de poker.
- Il sait qu'il a été désigné par une assez large majorité de militants à l'automne dernier pour ce même leadership et il compte bien retrouver cette même confiance à l'occasion d'un vote fédéral, a-t-il déclaré juste après son retentissant claquage de porte. On espère pour lui que les militants nordistes seront toujours du même avis. Sinon il deviendra un "gaulliste indépendant". On songe à Villepin, lui aussi sur les mêmes brisées*...Sérieusement, on rappellera que Lazaro est surtout devenu copéiste. Et que la droite métropolitaine n'a pas besoin d'un électron libre de plus (Un Vanneste bis, en quelque sorte).
- Un épisode qui montre bien que la droite règle toujours dans le sang ses contentieux d'egos, de parité ou d'ambition. Un seul exemple national, parce qu'il a fait la une récente des journaux : Séguin, qui déserte en pleine campagne des européennes 1999. Ou, ici, Alex Türk, qui refuse de passer sous les fourches caudines de la chefferie RPR en 1992 et se lance dans l'aventure d'une campagne sénatoriale dissidente. Au PS, la bisbille Roman/de Saintignon, pour ne citer qu'elle, procédait presque des mêmes ingrédients - ressentiments, préséance, succession -. Mais la culture socialiste produit toujours des réglements "honorables", à base de vote et d'arrangements, parti parlementaire oblige, y compris dans leurs congrès. Rennes, c'est l'exception. Reims, c'est la confirmation.
- Limite de l'ouverture, aussi. Sarko avait donné le "la" de ce qui devait rénover la politique en débauchant les bonnes volontés (!) dans la société civile et le camp d'en face. Comme le dit Valérie Létard, il y a naturellement des déçus quand on cherche à faire le grand écart entre la Gauche moderne et Philippe de Villiers. Si en plus, on fait une place à une jeunesse socialiste en rupture de ban** ! "Et si Thierry Lazaro appelait Olivier Henno, le patron du MoDem, pour une tit'place ? " se moque mon interlocuteur. Car au PS, les listes sont closes. Et ils ont eu tellement de mal à les boucler.
* Sur les ondes nationales, Th. Lazaro se réfère tout de même à son collègue breton villepiniste de coeur et de raison Jacques Le Guen, comme lui investi par les militants et qui s'est vu imposer la candidate de l'Elysée, Bernadette Malgorn, ancienne préfète longtemps proche de Philippe Séguin...De là à créer des liens !
** Anne-Sophie Taszarek, proche de Marie-Noëlle Lienemann et ex-secrétaire fédérale du MJS 62 mis sous tutelle l'année dernière après la candidature indépendante de Pierre Ferrari à la mairie d'Hénin-Beaumont , qui claque la porte du PS et s'ouvre celles de la liste UMP dans le Pas de Calais.
Débat Percheron-Létard sur France 3 Nord-Pas de Calais. Mais pourquoi s'obstine-t-on à présenter le président socialiste sortant comme un sénateur élu depuis 1983 ? Son premier mandat national date de 1979, comme député européen (ce qui fait plus de trente ans !). De même, Valérie Létard est la fille de Francis Decourrière, ancien député européen lui aussi. Non-dits ? Gentlemen's agreements sur ce qui pourrait troubler, gêner, sinon fâcher ? Chacun dans son camp, l'électeur s'y retrouvera bien.
J'imagine également que l'émission, ma foi intéressante, était (forcément) trop courte pour pouvoir poser toutes les questions nécessaires à se faire une opinion. C'est-à-dire commencer à faire son choix. Tout juste, le débat a-t-il réellement démarré quand on a mis sur la table la fameuse boucle d'essais ferroviaires (voir billet Tactique de fer). De toute façon, la vraie campagne démarre tout juste. On dit que les campagnes courtes sont les plus virulentes.
Ca flottait, maintenant ça tangue dans les rangs de l'opposition lilloise. Après Isabelle Baert, qui a décidé de quitter le groupe d'opposition au conseil municipal de Lille, c'est Danielle Cattelin qui annonce rejoindre les rangs des non-inscrits. Le tout sur toile de fond des listes régionales UMP/NC si ardues à dresser... et à faire avaler à ceux et elles qui se retrouvent relégué(e)s e n position inéligible.
Toutes deux reprochent à leurs collègues de ne pas...s'opposer et privilégier les jeux d'appareils et leur équation personnelle. En fait, c'est toute la droite nordiste qui est touchée par ce mauvais vent de désunion et de luttes intestines. A droite, à Lille, ça tombe comme à Gravelotte. Sébastien Huyghe banni, Loïc Lesserre décédé, et maintenant deux conseillères de moins. A ce train,...on se demande qui va s'opposer à la maire de Lille ? Pas grave, on remplace les défections et on balaie la poussière des petites phrases sous le tapis. Mais que tout cela a un air d'amateurisme.
Un problème de moins à gérer pour Titine de Fer (mais était-ce un problème ?), aux prises avec d'autres dossiers quelque peu plus épineux : Georges Frêche en Languedoc-Roussillon, une audition sur l'affaire de l'amiante, un PS à motiver, des Verts à apprivoiser. Et bien d'autres encore.
Sortie dans quelques jours. Par Robert Colonna d'Istria et Yvan Stefanovic (voir billet La caste des 500), aux Editions du Rocher. On doit aux deux auteurs leur enquête sur Le Sénat, les super-privilégiés de la République. Cette année, ils récidivent avec les abus de la décentralisation, amorcée depuis plus de 25 ans et qui a produit quelques exemples significatifs de dérives. Ni plaidoyer jacobin, ni charge contre les pouvoirs locaux, simple constat d'un chemin semé d'embûches et de délires. Le Nord-Pas de Calais n'est pas oublié. Dans la même veine, on lira les exemples sélectionnés dans la région par le mensuel Capital récemment paru (et rédigés par votre serviteur !).
La relaxe de Villepin, c'est la fête à Sarkozy dont c'est l'anniversaire aujourd'hui. De toute façon, le chef de l'Etat est coincé. Si le Parquet fait appel de la décision de relaxe de l'ancien premier ministre, il aura l'air de s'acharner encore plus et son adversaire aura alors beau jeu de continuer à le dénoncer, et ceci pour une décision ultime encore plus aléatoire. S'il se contente de la décision de ce jour, il sait que Dominique de Villepin, ainsi requinqué, ne manquera de rebondir sur la scène politique et de fourbir une revanche dans la perspective de 2012.
Un sondage donnait il y a quelques semaines Villepin autour de 8 % et ceux des prochains jours devraient rendre un son également agréable aux oreilles de celui se prétend dépositaire des valeurs d'une droite différente de celle de Nicolas Sarkozy. Pas significatif certes, mais encourageant pour qui veut retrouver l'odeur de la poudre. La disparition de Philippe Séguin offre à Villepin l'opportunité de ramasser le drapeau du gaullisme social, et les ravages de la crise lui fournissent l'occasion de les incarner tout en chassant sur une bonne partie des terres centristes en deshérence depuis les européennes ratées de Bayrou. Pour Villepin, le plus dur commence. Mais le Chevènement de la droite est peut-être né ce jour. Pas un cadeau pour Sarko.
Un cran au dessus à l'UMP du Nord où la constitution de la liste pour les régionales fait de plus en plus de remous. Le député-maire UMP de Phalempin, actuel deuxième de la liste, n'en démord pas et propose purement et simplement de se retirer au profit d'autres co-listiers, également victimes d'ostracisme selon lui (on remarquera le nom de Sébastien Leprêtre, le maire de La Madeleine) et qu'il souhaitait promouvoir. Mécontent, Thierry Lazaro, çà oui, et il tente ainsi une sortie par le haut faisant de son "sacrifice" un eventuel tremplin (voir billet : Génération Lazaro). Visiblement, les négociations au sommet de l'UMP n'aboutissent pas et l'agitation des arrières-cuisines politiques résonne du bruit de la vaisselle cassée. Ces dernières semaines, les réunions de conciliation ont tourné vinaigre, et lui et Jacques Vernier*, maire de Douai et l'un des patrons de l'UMP dans le Nord, ont même échangé des propos qui tenaient plus de l'algarade que de la stratégie électorale.
Dans son communiqué, Thierry Lazaro précise "... Si ma proposition est retenue, j'y verrai un signe de confiance de la part de mes pairs. A défaut, restant néanmoins candidat, je constaterai un geste de défiance auquel il m'appartiendrait de repondre en conséquence ». C'est carrément la menace d'une liste concurrente qui re-surgit. Mais peut-il encore aller jusqu'à une telle extrémité ? Ou bien a-t-il concentré sur sa personne les animosités qui travaillent son camp ? L'après-régionales sera de toute façon agité à l'UMP du Nord. Réglement de comptes en ligne de mire.
Quoiqu'il en soit, cette droite nordiste est une fois de plus divisée - ou plutôt mal unie - et la liste définitive, emmenée par Valérie Létard Nouveau Centre, pourrait, selon les dires de certains, être ratifiée à l'Elysée.
* Jacques Vernier s'apprête donc à entamer un nouveau mandat de conseiller régional. Il fut élu pour la première fois en 1986 - d'ailleurs tête de liste pour le Nord - jusqu'en 1990. Puis revint au sein de l'assemblée régionale en 1998.
Georges Frêche. Il commence à faire peur à son camp, le président sortant de la région Languedoc-Roussillon. Sa dernière saillie (sur Laurent Fabius, voir la presse à ce sujet, les deux hommes se détestent depuis la nuit des temps) ne sera -malheureusement- sûrement pas la dernière. Pour le PS, la question est : comment s'en débarrasser ? Evidemment, comme le réclame Claude Bartolone, fabiusien historique, les socialistes doivent présenter une liste alternative en Languedoc-Roussillon. Est-il encore temps ? Ne fallait-il pas le faire dès 2009? Et ne pas avoir peur de la maintenir au second tour et de ne pas voter pour la liste Frêche, favorite, quitte à siéger dans l'opposition. Au risque de se faire battre, donc. Perdre les élections plutôt que perdre son âme, comme disait Michel Noir il y a bientôt vingt ans, et qui refusait tout compromis avec Le Pen. Ca y ressemble de plus en plus.
Le PS, qui l'a quand même exclu, ne peut pas se passer de lui. Il est le seul capable de garder ce fief à gauche, et la fédé locale pèse si lourd. Il a tout verrouillé, tout surveillé, tout bétonné. L'appareil lui est dévoué, et les notables locaux lui mangent dans la main. Le moindre souffle de contestation est aussitôt étouffé. Sacré caillou dans les mocassins des chefs de la Rue de Solférino qui n'oublient pas qu'il soutient une certaine Ségolène Royal. Martine Aubry réunit un bureau national "spécial" la semaine prochaine.
Ca cogite à l'UMP pour finaliser la liste des régionales dans le Nord. Emmenée comme l'on sait par la secrétaire d'Etat Valérie Létard, Nouveau centre, devant Thierry Lazaro, député-maire UMP de Phalempin. Quelques noms filtrent dans le brouhaha qui entoure la constitution de cette liste (voir billet : Génération Lazaro). Mais aussi : les conseillères régionales sortantes Jacqueline Gabant, opposante à Dunkerque, et Brigitte Astruc, proche de Marc Daubresse député-maire de Lambersart, Laurent Degallaix, adjoint de Dominique Riquet à Valenciennes, le lillois Thierry Pauchet, du Nouveau centre, Florence Bariseau, opposante à Villeneuve d'Ascq, Françoise Hostalier députée UMP et conseillère régionale, Martine Flinois-Decocq, adjointe à Wasquehal, et, toujours sous réserves, Brigitte Mauroy, conseillère d'opposition à Lille (Gauche moderne). Mais tout peut encore être remis en cause si vite...
Etonnante mise au point de Martine Aubry sur la retraite à 60 ans. Le besoin d'une explication de texte hier sur TF1 attestait d'un certain flou sur le sujet et les commentaires sur ce rétropédalage vont bon train. Certes pas d'un flou technique - la première secrétaire du PS est technicienne trop avisée -, mais bien d'une sorte de questionnement collectif destiné à évaluer les opinions. "Elle a voulu compter ses troupes à travers cette petite phrase de la semaine dernière en même temps que sonder les avis au sein du PS sur un des dossiers-phares de ces prochaines années et qui sera, avec d'autres, au coeur de la campagne présidentielle", tente d'expliquer ce cadre socialiste à qui j'ai posé la question. Selon lui, la maire de Lille aurait donc presque pris sa décision de se lancer dans la course à l'investiture en 2011.
Subtilité du président socialiste Daniel Percheron (toujours dans L'Express Nord-Pas de Calais) quand il cite Dominique Riquet, maire UMP de Valenciennes, et ancien conseiller régional, comme étant l'adversaire politique qu'il respecte le plus. De quoi jeter le trouble chez sa challenger pour les élections régionales, Valérie Létard (encore !), Nouveau Centre/UMP, elle-même adjointe de Dominique Riquet et présidente de la communauté d'agglo de Valenciennes-Métropole. Dans le même hebdo, Martine Aubry, maire de Lille avait, elle, cité ...Jean-Louis Borloo (voir billet : Son meilleur ennemi/ 17/06/2009).
A droite, Sarkozy triangule avec des idées et des symboles/grandes figures historiques. A gauche, on triangule avec des personnalités et des adversaires politiques. Tactiquement, c'est fin : cette posture d"'ouverture" et de respect renforce l'emprise des pouvoirs socialistes locaux comme leur volonté et leur capacité de gouverner avec le centre. (voir aussi billet : Tactique de fer/14/01/2010).
Voilà. C'est ce que l'on pourrait comprendre quand on regarde un site de soutien à la candidate Nouveau Centre/UMP : http://valerieletard2010.wordpress.com/ (c'est Caspal Bocert qui me l'a signalé). Que voulez-vous, ma chair est si faible. Je précise que je n'ai donné aucun accord et que, d'ailleurs, je n'ai et ne veux pas en donner : liberté de la blogosphère, etc...etc....et que je ne soutiens personne. Sauf ma Minette qui fait un malheur dans la matousphère du quartier. Et puis, ça fait des clics ! Visiblement, ils n'ont pas lu tout ce que j'avais écrit sur leur figure de proue. Ou ce qui va bientôt paraître. Trop drôle. Pas rancuniers, en fait. Je sens qu'il va y avoir des commentaires...